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Ce sentiment d'Hellanîcus de Lesbos, que rejette également M. Micali, quoique appuyé de bien graves autorités , est , au fond , le même que celui d'Hérodote^ ils ne diffèrent Tun de l'autre que par quelques circonstances indifférentes ; et je crois avoir montré (^Hist des Colon* grecq. tom. I, p« 356-359 ) , que ces deux traditions, faciles à concilier, se prétoient un mutuel appui. Cependant, M. Micali prétend que l'opinion d*Hellanicus est réfutée par Denys d'Halicamasse, a\fec la mente Jbrce ijue celle d'Hérodote; ce que je viens de dire , pour la partie de la réfutation de Denys , qui concerne ie récit d'Hérodote , a prouvé
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si c'étolt effeclivemeni aifec force (\y\e cette réfutation étoit rédigée : on va voir qu'il en est de même'çoxxv la seconde partie ; et je demande au lecteur la permis* sion de mettre sous ses jeux un passage où j*ai répondu moi-même aux objections de Uenys d'Halicarnasse ( Hist, des Colon, grecq* tom. I, p. 354-) :
« Le principal et même le seul argument qu'emploie Denys d'Halicarnasse pour combattre le sentiment d'Hellanicus, est tiré de la différence dés langues qui existoit entre les Pélasges et les Tjrrhéniens; et cet argument repose tout entier sur un passage d'Hérodote, fort connu, que je n'ai pas besoin de reproduire ici. Mais le raisonnement de Denys d'Halicarnasse tombe de lui-même, si Von montre'qu*il manque de base. Or, c'est une chose depuis long-temps prouvée, que le passage d'Hérodote sur lequel il se fonde, n'est pas fidèlement rapporté, soit qu'il ait eu sous les yeux un manuscrit altéré , ou plutôt , que citant de mémoire, il ait lui-même altéré le texte dans le sens le plus favorable à son système ( ^oy. Mém, de FAcadém, des Bell'Letir. yiom. XIV, p. i54 et suiv.). IllitKp^«»Mrtfif, au lieu de K^nrtfuSrmty que porte le texte d'Hérodote; et l'on a remarqué avant nous que ces Crestonîens^ dont parle Hérodote , étoient établis dans la Thraoe, où se trou voient aussi des Pélasges^iyrrhéniens ^ que Thucydide assure (lib. lY^c. 109) avoir habité Athènes et Lemnos. Ce passage ne prouve autre chose, sinon que les Crestoniens parloient la même langue que les Placiens^ qui étoient Pélasges, selon Hérodote, et que par conséquent ib étoient Pélasges eux-mêmes. Il n'y
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a donc rien là qui puisse autoriser la conclusion qu'en t^re Denys d'Halicarnasse, relativement aux Tyrrhéniens d'Italie. Si Voh nousobjecte que, dans Topinion d*Hérodote, la langue des Crestojiiens n'a de rapport avec celle d'aucun des peuples voisins, parmi lesquels étoient compris les Tyrrhéniens de Thrace^ ce qui ezcluroit ces derniers d'une origine pélasgique; nous répondrons d'abord en opposant à l'autorité d'Hérodote, celle de Thucydide, qui les reconnoît Pélasges; et, en second lieu, qu'il s'est bien pu faire que, des Pélasges établis en Thrace, Hérodote n'ait connu que les Crestoniens ^ ou qu'il ait confondu sous une seule dénomination des peuples qui habitoient la même contrée, et qui avoient la même origine. »'
Je ferai encore remarquer au lecteur qu'en nous éloignant du sentiment de Deny$ d'Halicamasse, nous opposons des raisons aux siennes, et ne décidons pas d'une manière trdLïicYiZïile^ qvL il se trompe ^qix il accrédite une erreur , etc. , comme le fait M. Micali , non envers un seul écrivain, mais en général, contre Hellanicus, Myrsilus, Aristide, Strabon, Yarron, Hygin, tous auteurs anciens, instruits et graves, qui méritoient bien qu'on pesât leur témoignage avec plus de soins, et surtout qu'on traitât leur caractère avec plus d'égards. R.-R.