N^ XXXII
Notre auteur semble n'a|lmettre d'autre preuve de lorigine grecque de Cmté ou Agylla, que le conte rapporté par Strabon: c*est de Tinexactitude ou de la mauvaise fou Les Grecs n^étoient pas les seuls qui eussent conservé la tradition de cette origine. Virgile, . qui avoit fait une éttide si approfondie des orîgiqes de «on pays, rappelle le séjour des anciens Pélasges an voisinage d'Agjlla (^neid,\lU^6oo et sq.); Pline ^ III) 5 ) et Solin (o. ii , p. i3.) s expriment d'une manière plus précise, et le dernier ajoute que les Pelas* ges , fondateurs d' Agylla , étoient ceux-là mêmes qui avoient apporté l'usage des lettres grecques en Italie. Denys d'Halicarnasse (Ub. I , c. 20 ) entre à ce sujet dans des détails encore plus étendus ; et Strabon j ajoute une particularité remarquable, c*est que cette ville avoit un trésor à Delphes (Lib. V, p. 220, ) , privilège réservé aux peuples grecs, et qui prouve Textraction pélasgique de celui-ci. R.-R.
N° XXXIIL
Il est nécessaire de rectifier encore ici les idées de notre auteur, qui affecte de réunir ou plutôt de confondre les traditions qui appartiennent évidemment à des temps et à des peuples divers. Denjs d'Halicarnasse comprend nominativement la ville de Pises^SLii nombre de celles qui furent habitées par des Pélasges avant l'arrivée des Tyrrhéniens (Lib. I,c. ao). Ce fait •t ce témoignage^ qu'il faudroit détruire avant de
hasarder une assertion contraire, sont encore confira- Inès par d'autres témoignages. En effet, Pises existoÎL déjà antérieuiement à l'arrivée des Tyrrhéniens, selon Lycophron, puisquelle est citée au nombre de leurs conquêtes ( Alexandre y. i a4 i ) , et le fragment de Caton, cité par Senrius {^ad ^neid, X, 179)9 le prouve également. Â la vérité, Caton déclare qu'il ignore le peuple qui fut le premier fondateur de Pises , et M. Micali triomphe de cette ignorance de Caton; mais ce qu'il £illoit ajouter, et ce qui détruit complètement le s^istème de notre auteur , c'est qu'en mém^ temps que Caton confesse son ignorance sur ce point , il déclare que ce peuple , quel qu'il fût , étoit grec de langage^ et se nommoit Theutanes» D'autres auteurs avoient embrassé la même opinion , à en juger d'après le témoignage de Servius (/./.); et Pline, qui Ja rapporte également ( Lib. ill , c 5 ) , nous montre assez qu'elle étoit accréditée parmi ses compatriotes. Or , sans rechercher ici avec le P. Hardouin {ad P/in. Tom. I , p. i5o ) , ou avec Cluvier (Itai, ant. Lib. II, p. 494 ) 9 ou avec le cardinal Noris ( Cenotaph. Pisan, dissert, I, c. i.), l'étymologie du nom de ces TeU'» tanesj fondateurs de Pises , il nous sufBt de savoir qu'ils étoieht Grecs de langage ^ par conséquent un démembrement de cette dation pélasgique , dont les diverses tribus, répandues sur tout le sol de l'Italie , changèrent aussi fréquemment de nom que de cHef. La seconde fondation de Pises, ouvrage d'une colonie hellénique qui lui donna ce nom au lieu de celui de 'Theutlui^ qu'elle avoit porté ' jusqu'alors (Serv. locm
ÉGLÂIRGTSSEMESTS. 869
supm îaud. )y appartient à une époque plus récente. ( Voy. Hist crit.des Colon» grecq. Tom. II, p. 3i4- 3i5.)R.-R.