CHAPITRE m
dea (a)» Ces nations si diverses de caractère, iatrodnitespar les deux extrémités opposées de la Péninsule, occasionnèrent des changements considérables dans la plus grande partie de nos peupies. Mais, bien auparavant, une longue suite de révolutions intestines et nationales avoit excité des troubles non moins considérables, dont nous allons rassembler successivement lestraditions éparses qui nous sont restées.
11 suffit de jeter un regard sur la surface dui sol de rilalie pour se convaincre qu'il n'y a peut-être point dans tout le globe de pays coupé d'un plus grand nombre de Neuves , de lacs et de montagnes. Par suite de ces diversités locales, • plusieurs peuplades dispersées se réunissant, eurent chacune des limites fixes et assurées , et de la résultèrent indubitablement les premières subdivisions d'un peuple issu originairement d'une tige commune. De semblables causes pro« duisirent les mêmes effets dans la Grèce, où de grandes inégalités de territoire firent que le corps de la natiotf se divisa et resta constam-'
(a) Qt&oiqae notre antear ne dUcnte pis ici les traditions reUtÎTcs k rétablissement des Pélasges et des Lydieos en Italie, etqne nons devions , à son exemple , différer nos observations snr ce point, noua ne ponrona laisser paaaer une €usertion qai nons paroit si oontraire à tons les témoignages de lliistoire, sans avertir an moins le lectenr, qne cette assertion est absolument dénnée de prenvea. Nona esposS' rona donc aosnotifa k mesore qnHl développera les siena. R.-R.
34 PREMIÈRB PARTIE.
mettt fartage en «ne multitude d'ÉUte indépeudsoto les une des autres^ el presque loujours tiwmax. Les fnêskmg Tires portent facilemeat les hommes à franchir les limites réelles pour en admettre d'idéales : toutefois , il est eertaîn qu'au mdieu de tant de csnitons , tous si direra * d'a6(>tct> ^ui se soccédoient des Alpes k la mer^ Tignopance des princi}>68 de la géographie ùlv* sant une frontière de chaque borne posée par la nature » edtreteuoit ^ avec Taiguillon continuel de la jalousie y ces méprises fiiaestes qui teodoienii à confondre le nom de voisin arec celui d'ednëmi , etirenr qui se prête d'ordinaire aux vues excessives du pouvoir sans corriger la folle ambition des peuples. Ainsi , la constitua tion physique ^e nos provinces , et surtout les fréquents et inégaux embraitchemenU des mon** tagneSy et le gisement tortueux des vallées^ ne servirent qu'à &ire naître et enc<M*e plus à main^tenir y comme en Grèce ^ d'inégales répartitions de territoire , source de rivalités et d'inimitiés entre . voisins ^ qui empêchèrent les peuples d'adopter une constitution fédérative générale y et de se réunir en un seul corps politique. Bien loin de là, Tinfluence de ces divisions primi* tives entre des peuples encore incultes étoit telle, que les Éques ou les Sabins, confînés dans leurs montagnes natales, considéroient presque comme des étrangers les Volsques et les Marses
QMAwnM III. 3£^
auxquels ils confinoient. Mais ce <|m doit en {imite nous coMoier , c'est de sonj^er qne , si ces dtSeardes plon^rent les habitants de l'Italie dans des malkeurs si IcMugs et ai multipliéa^ Tesprit d'émdialioa qui se fiorma entre ces Vli£- ^ents ÉiaU limiUrophes , ouyrit à la 'gloire un tbëàtre plus Tarîe , où les générations suivauftas purent ayec faciUté déployer de grands carac*^ tèresy développer les talents , Surmonter les obstacles y e^ lK*iguer à lenvi rinmneur de se surpasser : rivalité bc»ireuBe ii laquelle les enfan^ de €ette' Serve antique sont peut<-etre re*devables des pragrès a éclatants et si soutenus de Tesprit httmaiiiv(i).
De quelque oMniWe que les causes natmrèHès aient influé sur 4a première forme de constitua tion aocideoteile de l'Italie , on ne peut douter que ses habitants ne soieftt de boune heure paivvenus à un très haut degré de ^civilisation ^ puisque , dbs les temps les plus reculés , les np* tions historiqties montrent déja.^ formées^ de grandes et de puissantes eonfédérasions de peu*pies, dont l'existence eàt été impossible sans
(i) Anteà piclusiw gerUium imperiis intra ip^as, ideoçuc et ingèniis , çuddam sterifiiale forlunœ , nc-
cesse erat animi hona exercere Quare abunda'^
bant et prœmia éi operœ vitœ. Poster is laxitas rHundi et rerum àmptitudù damna fait, PKn. XfV, ï .
«ne certaine iBtahiUté de législation et de liens sociaux. Le libre consentement des tribus dicta les premières lois de cette union , sous de sim- |)ks conditions de justice universelle et de réciprocité d'avantages. Un tel contrat , déjà exisunt dans la nature de l'homme , ne fut points en ces temps grossiers , énoncé avec cette sa,gesse législative qui est le plus difficile et le pUis noble produit de l'esprit humain; mais il eut pour garantie ce sentiment indomptable de liberté qui ammoit tous les cœurs. Chaque communauté confédérée, se trouvant dans un petit territoire, agissoitie plus souvent, déterminée par des passions qui , avec un« ardeur au-des»is de toute expression , se communiquoit rapidement à tous les citoyens. Par un effet de cette organisation, .chaque particulier étoit dans la nécessité.d'employer toutes ses facultés à la défense et à la conservation d'une: indépendance qu'il regardoit coibme le premier de ses biens. La crainte.. du danger tenoit son. imagination dans une. continuelle activité^ et empêchoit son esprit de tomber dans cette léthargie que l'on retrouve souvent au sein des sociétés les plus polies. A cette époque tous les Italiens étoient guerriers. Le droit qû'âvoit èhaque citoyen de juger des affaires de TÉtat les portoit tous à prendre part aux événements tant intérieurs