‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 143 sur 283 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

]a défense commune da territoire, ou quelque projet de conquête, formèrent des associations volontaires et guerrières , où chacun fut admis à partager les avantages de la victoire en mar^ chant sous le formidable drapeau d'une armée de confédérés. Comme la force résultoit de l'union, une expérience heureuse engagea naturellement les peuples limitrophes à serrer les noeuds d'une alliance durable, qui avoit pour but d'entretenir la société commune. Ce système de gouvernement qu'avoient engendré le besoin et les circonstances, devoit naturellement plaire à des peuples extrêmement jaloux de leur liberté , qui avoient les mêmes intérêts, la même simplicité de mœurs , et dont l'art principal étoit celui de la guerre. Il fut amélioré par l'expérience et la réflexion qui, inspirant aux confédérés des maximes plus généreuses et des idées plus saines sur le droit des gens , permirent de joindre à la gloire militaire des vertus plus utiles, la justice et l'humanité. Ainsi toute l'Italie se trouva partagée en un grand nombre de villes et de peuples fédérés, dont chacun, sous une dénomination collective , prit un rang dans l'histoire. Ces républiques, composées à leur berceau d'Etats d'une nature homogène, portoient en elles-mêmes le germe de leur pros*

périté commune , et étolent doués de la force nécessaire pour assurer leur existence; maïs comme ^ en politique , le problème le plus difficile à résoudre est la formation d une république fédérative bien ordonnée , dont tous les membres soient maintenus dans un parfait équi-* libre, rien ne fut plus funeste à la conseryalion de ces Etats naissants , que leur prétention indi* viduelle à une liberté absolue, et le peu de disposition que montroît chacun d'eux à faire de sa porticm de souveraineté le sacrifice nécessaire au maintien de la confédération entière. Négligeant donc de raffermir le lien qui devoit unir toutes les parties de la confédération , on sacrifia la loi suprême de la sûreté publique a la chimère d'une indépendance absolue. Toutefois cette concorde des peuples italiens, qu'il eût été si nécessaire d'affermir, avoit son unique garantie dans les assemblées générales des États, et par les formes d'un culte religieux dont le droit des gens étoit inséparable. Il n'est pas douteux que plusieurs ligues pareilles à celles des Amphictyons n'aient sertri alors à maintenir parmi les peuples l'esprit d'union et de paix ; la politique , par l'organe de la religion , enseignoit aux hommeë qu'ils étoient tous frères, qu'ils dévoient sacrifier en commun aux dieux de la

Page 1