CHAPITRE XXI
patrie; cétoit ainsi qu'eu usoient les Latins et les Sabins aux fêtes de la déesse Féronie (i) , de même que les Ombriens et les Toscans (a). L'union des peuples , par les mariages , contribuoit surtout à cimenter cette alliance politique (3); mais c'étoit dans les assemblées de la nation que résidoit uniquement l'autorité légale de la confédération. Tous ces peuples d'Italie , qui avoient adopté le gouvernement fédératif , tenoient solennellement leurs assemblées générales dans un lieu et dans un temps prescrits; les Toscans , par exemple 9 dans le temple de la déesse Yultumne, les Latins k Férentinum, et les Sabins dans la ville de Cures (4). A ces conseils nationaux appartenoit l'élection des magistrats suprêmes^ le règlement des tributs, l'ad* mission des ambassadeurs , l'importante affaire de la guerre et de la paix, en un mot tout ce qui intéressoflArincipalement la liberté ou la sûreté de l'État. Bien que les droits de la sou-
(i) Dionys. III, 3a.
(a) Voyez tom. I , ch. vi , p.
(3) T. Liv. VIII, i4 et ailleurs. Nous verrons par la suite avec quel soin les Romains détruisirent ce droit , ainsi qne celui de se réunir.
(4) Tite-Live fait aussi mention des assemblées des Volsques, des Herniques, des Éqnes, desSamnites, des Liguriens; etc.
verametéy relativement à la défense générale, appartinssent au conseil de tous les membres de la confédération, comme un faux principe de politique laissoit le même droit à chaque peuple pour ce qui concernoit ses intérêts particuliers, ce fut une source de troubles et de dissensions ; de là vint que les Cénia«rs, les Crustumérîens , les Antemnates et d'autres peuples sabins n'opposoient aux premières invasions des Romains qu'une résistance partielle. -Ce fut par la même cause que rÉtrurie s'engagea, durant plusieurs siècles, dans des guerres séparées contre Bonne ; que les peuples d'Anagni , membres de la confédération des Herniques , se déclarèrent contre cette même Rome malgré le vœu contraire de leurs confédérés (i). Ainsi encore Tusculum se sépara de l'alliance des Latins (2) , Sutrium de celle des Toscans (3) , et l'on nej^t les ramener que par la force des armes. C'est^Pb vice radical du gouvernement fédératif des Italiens qu'il feut attribuer le relâchement des liens qni les unissoient ; de là leur décadence : chaque cité, occupée exclusivement de ses propres intérêts , cessa de contribuer à la sûreté et au bien-être com-
(i)Liv.IX,43.
(2)Liv. VI, 33.
(3) Liv. VI , 3.