CHAPITRE XXf
muns. Entraîné pgir cette licence qui les désunit, chacun de ces peuples , oubliant toute vertu , guerroya selon son caprice , jusqu'à ce qu'enfin leur affoiblissement successif les réduisit squs le joug superbe des Romains. ^
La simple esquisse du gouvernement fédéralif des Toscans suffira pour faire connoltre le régime des autres peuples f chez qui les mêmes causes durent certainement produire de semblables effets. L'Étrurie, divisée par son organisation primitive en douze corps politiques, devoit à cette forme fédérative les principes de sa conservation et de sa puissance. Les premiers magistrats de ces peuples, fastueusement décorés par les écrivains latins , du nom de rois , ' étoient proprement appelés Lucumons (i), et ce titre leur assuroit une prééminence marquée , ainsi que les honneurs dus à un chef civil. L'un d'entre eux , chef de l'union et généralissime en cas de guerre , étoit nommé par les suffrages des douze Etats confédérés, dont chacun lui fournissoit un licteur (2). La pourpre, la toge
(i) Serv. Il, 278. CeDSorin. 4, in fin.
( a ) Liv. 1,8: Ex duodecim populis communiier creatô rege, singulos singuli populi lictores dederini. Serv. VIII , 63 ; X, 20a : Lucumones in iota Tuscia duodecim fuisse , manifestum est : ex quibusunus om" nibus imperauit.
peinte, une couronne d'or, pn sceptre orné d'une aîgle , le siège curule , la hache et les &isceaux (i), étoient les marques honorifiques de sa haute dignité et du pouvoir dont il pouyoit souverainement user au nom de la république et pour son ^utilité. Tant que les Toscans demeurèrent ainsi réunis sous un chef, ils acquirent une grande prépondérance , comme le ren^arque sagement Strabon (3) ; mais une fois séparées de ce centre commun, les villes désunies succombèrent sous les efforts de leurs voisins (3). Si l'on réfléchit bien sur la nature du
(i) Liv. I, 8; Dionj8.III, 61; Strab. V, 162; Dîodor. • V, 40 ; Sil. VIIÏ , 485-489. Macrob. SaL 1 , 6. Toutes ces marques d'honneur , en usage ches les Toscans , et adoptées par Tullus Hostilius ou par Tarquîn , furent conservées par les consuls, excepté la couronne et la toge peinte , réservées aux triomphateurs.
(2) Lib. V, p. iSa: Tin ^ivvp iç> ivi iy^f^êu t«t7#V«»«<>
Conf. Dionys. 1. c. Serv. VIII, 65 : Nam Thuscia Lucumones reges habebai , et maximam lialiœ superaverat parlem,
(3) C'est sur ce passage remarquable de Strabon , que Lampredi ( discorso del govern, civile degli aniichi Toscani ) a fondé Topinionque le gouvernement étrusque fut monarchique dans le principe , et ne devint une république fédérative que par la suite. Nous nous flat-