‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 146 sur 283 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

gouvernement fédëratif, moins porté à la guerre ou avide d'agrandissement, qu'ami de la modération et de la paix (i) , l'on reconnoitra que la rare prospérité des Étrusques dut être principalement le fruit de la vertu et des talents supérieurs de quelque» citoyens qui avoient dirigé avec sagesse les forces de la nation : tels on vit le prudent Aratus , le vaillant Pbilopœmen et le zélé Lycortas soutenir chez les Achéens la liberté de la Grèce, qui étoit prête a expirer (a).

Le commandement des armées devoit certaine-

tons d'avoir démontré le contraire par l'autorité de rhistoire et par celle de la raison .

(i) Montesquieu , Esprit des Lots. IX , 2.

(2) En reconnoissant que les peuples italiens s'étoient formés depuis plusieurs siècles en confédérations , on peut observer que la ligue achéenne , dont Aratus doit passer pour le véritable auteur, est la première confédération certaine de ce genre en Grèce , ne date que de l'an 280 avant J.-C. , et ne dura que i34 ans. Avant cette époque , les Grecs ne connoissoient d'autres assemblées que celles des Ampbictyons, qui ne forùièrent jamais une vraie diète nationale ^ leurs fonctions se bornoient à veiller sur la prospérité du temple de Delphes > et sur quelques autres affaires de religion. Voyez De Sainte-Croix : Des anciens gouvem. fédt'ratifs , p. 1, 162. Cependant^ M. Tittmann, de Berlin, qui a dernièrement remporté à l'académie de cette ville le prix pour le meilleur Mémoire sur le conseil des Ampbictyons , allègue de fortes raisons pour prouver que ce conseil avoit aussi un but politique.

lO PREMIÈRE PARTIE.

ment exciter Fambitioa de ces magistrats suprêmes qui y tout en serrant les intérêts de leur patrie, pouvaient se perpétuer dans le pouvoir^ ainsi qu'il arriva au Lucumon de Clusium , Porsenna, €t à cet Arimnusde qui Pausanias avoit vu une offrande dans le temple de Jupiter-Olympien (i). Cependant leur autorité » en temps de paix y étoit tellement restreinte^ que sans s'ex« poser à de graves périls , ils n'eussent pu abuser ■de leurs prérogatives ou franchif les limites d'un pouvoir que la constitution de TÉtat avoit soigneusement circonscrit. Lorsque Mézence^ que les anciens ont dépeint sous de si odieuses couleurs, usurpa la souveraineté de Géré, nous le voyons précipiter du trône par ses sujets » sans égard pour un fils malheureux , et que recommandoieut ses vertus. Les habitants de Géré y indignés d'apprendre que Mézence eût trouvé un asile chez les Rutules, réclament l'assistance de leurs alliés : toute l'Ëtrurie s'arme pour arracher le tyran des mains de ses pro* tecteurs et pour le traîner au supplice, et cette juste fureur éclate avec l'approbation des lois, ainsi que celle des dieux (a). Métabus» le

(i) L.V, la.

(2) Rrgo omnis furiU surrtxit Etruria jmtis ;

Regem tut tuppHeium prœsenH Marte reposcitne,

Virg. AEneid. VIIÏ , 494-495 ; sur le caractère de Mézence y voy. Caton, ap, Macrob. Salurn. 111 , 5.

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