CHAPITRE XXI. l
niens, qui se gou ver noient démocratiquement , créoient en temps de guerre un roi ou magistrat suprême qui unissoit Tautoritë civile et mili* taire (i). C'est ainsi que nous voyons accidentellement faire mention des rois des Peucétiens , des Dauniens (2) , des Messapiens (3) , qui se gouvernoient ainsi que les autres peuples par des lois fédératives. Quoique la plus grande partie des républiques eussent pour chefs les plus éminents d'entre les citoyens, le sentiment et l'habitude de la liberté^régnoient tellement dans tous les coeurs , que les magistratures étoient le dernier terme des ambitions les plus ardentes ; aussi , par un rare bonheur , l'Italie ne connut
nous représente le vieux roi Latinus , assis au milieu des sénateurs , prenant conseil de l'assemblée des grandi et du peuple. Le premiermagistratdeTusculum,Lanuvîum et autres villes latines , étoit , suivant les anciennes institutions , un dictateur. (Liv. VI^ 26. Gicer. pro Milone , 10), dignité rappelée également dans les inscriptions municipales. Marini, Fratelli uéryali , p. 224~2S^4'7*
(1) Strab. V, p. 176 : T«y ^iv yy m»^f X^iuvy t^tiféêxf»" TMfTê' if êi vlç wêXtfê^if iipf7r« 0mnXwSf vwi rSf ufMfiifmf Àfxtif' Conf. Liv. X y 18. Dans les fragments dHéraclide il est £ait mention d'un roi de ce peuple , sous le nom de Lamisque.
(2) Strab. Vif p. 194*
(3) Thttcyd. VII , S3 ; PauMu. X , i5 ; Athen. III , aS.
l4 PREMIÈRE PARTIE.
point de tjrran , ou du moias n en vit aucun dont la domination se soutint long-temps. De quelque manière que laristocratie se fût établie , il est certain cpisLppayée de Tinfluencesacerdotale, son autorité s etoit afîermie par une possession longue et non contestée (i). Chaque cité étoit régie par un sénat {exclusivement chargé de régler les ce* rémonies religieuses , de protéger les fonctions civiles f d'interpréter les lois , et d'expliquer Les sciences divines et humaines. Le bas peuple^ sur qui les patriciens faisoient peser diverses sortes de chaînes , retenu d'un autre c6té par la rdigion , vivoit dans une soumission adroitement déguisée , et vassal reconnoissant , il ne songeoit point à arracher les rênes du gouvernement des mains des bienfaiteurs qu'il devoit hoporer (a). Néanmoins, comme le partage du pouvoir entre tous les citoyens d'un même Etat
(i) Rien ne peut mieux faire connoître l'esprit des peuples d'Italie que le discours de Pacuvius Calavius aux habitants de Gapoue : Quippe aut rex, quod abomi-' nandum; aut quod unum libérée civUatis concilium est, senatus habendus est, Liv. XXtlT , 2.
(2) « Toutes les nations qui nous environnent sont « soumises aux lois de l'aristocratie , et dans aucune de M leurs villes le peuple ne prend part aux affaires du « gouvernement. >• C'est ainsi que Denys (VI, 62) fait parler Appius Glaudius.