‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 152 sur 283 · CHAPITRE XXI. 'Si · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI. 'Si

et les Lucaniens recevoient une éducation mâle et aussi sévère que celle des enfants de Sparte ; et ils la deVoient à cette énergique simplicité de mœurs que les siècles corrompus regardent avec dédain , ou du moins ne savent plus admirer^ et qui mérita néanmoins à nos peuples les brillants éloges de l'histoire ; tandis que chez les Toscans, rapidement conduits par le luxe et l'opulence à la dépravation, nous pouvons encore admirer ces sages établissements destinés à corriger les tristes fruits du libertinage, en recueillant les êtres malheureux qui naissoient sans connoitre les auteurs de leurs jours (i).

Les sages de l'antiquité regardoient comme la meilleure législation celle dont les statuts étoient à la fois le moins variables et le mieux adaptés aux mœurs du peuple qu'ils régissoient. C'est pourquoi tout le système politique concouroit à inspirer l'amour et le re^ect des règlements sur lesquels reposoient la tranquillité et la conservation de l'État. Ce fut vraisemblablement chez les Sabins , et autres* peuples d'Italie , fort soumis à leurs magistrats, que Numa puisa l'institution salutaire des collèges d'arts et mé-

(i) Theopomp. ap, Athen. XII, 3 : Tfiçuf ^i rif

3a PREMIERE PARTIE.

tiers y dans lesquels étoient divisés les citoyens, et qu'il introduisit à Rome ^ pour en bannir la paresse et le désœuvrement. L'introduction des idées nouvelles y le mépris des antiques coutumes, et surtout le relâchement des anciennes institutions furent pour les peuples d'Italie la cause de leur ruine , ainsi que nous le démon* trerons par la suite. C'est sans doute le spectacle d'une vie déshonnéte et licencieuse qui fit exagérer aux écrivains de l'antiquité la peinture de la corruption des Toscans; le satirique Théo* pompe (i) va même jusqu'à dire que parmi eux la loi autorisoit la communauté des femmes. Qette accusation absurde et calomnieuse est suffisamment démentie par une foule d'inscriptions funéraires , où la succession légale des familles se trouve constatée par la mention expresse de leur chef. Au. reste , on ne pouvoit se former une juste idée de la législation et des mœurs des anciens Italiens , si Ton ne disti-nguoit avec scrupule et les époques et les différentes causes de leur dégradatiour et de leur décadence.

(i) Theopomp. ap, Athen. XII, 3.

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