‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 155 sur 283 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

physiques que l'ignorance de cet âge ne pouvoit pénétrer^ëtoîentconstaniinentcacfaéessousrimmense voile de l'allégorie . On cru t que la nymphe Albunea (i) avoit sa retraite dans le lac sulfureux du champ de Tibur , et l'on disoit que les lies flottantes du lac Cutilius , renommé par la fraîcheur salutaire de ses eaux (i) ^ étoient peuplées par les nymphes Commoties (3). Selon la mythologie , Jutuma étoit le nom de la déesse qui gardoit une source du Latium (4) , dont les vertus étoient éprouvées. Anna Perenna , que les poètes ont changée sans scrupule en sœur de Didou^ étoit aussi une nymphe de la fontaine ou fleuve Numicius (5)^ selon Vancienne opinion , qui regardoit comme le séjour le plus agréable aux divinités locales les endroits d'où s'échappoient des eaux vives (6). Le lac d'Amsanctus,

(i) Virg. Vil, 83-84; Serv. ad h. /.; Horat. I, Od. 7-*! 2; Acron et Porphir , ibid.^ Lactant. Divin. instîL I, 6.

(a) Plin. XXI , 2 ; Cels. IV, 5.

(3) Vanro. L. L. IV, loj Plin. Il, gS; III, la. Senec. Quœst. nat, III , tB,

(4) Varro. loc. laud,\ Serv. XII, 139.

(5) Ovid. FasL III, 640-654 ; Macrob. Sat. I, 12.

(6) Nullus îucus sine fonte , nullus fons non saçer^ propter atlributos illi deos , 4fui fontibus. prœesse di" cuniur. Serv. VIF , 84.

4 a PREMIÈRE PÀETIE.

dans le territoire des Hirpias (i) , dont les flots noirs et bouillants exhaloient une tapeur infecte au fond d'une vallëe entourée de montagnes couvertes de bois (a) , devint pour les peuples voisins l'objet d'une terreur religieuse, tandis que l'on crut qu'un génie bienfaisant résidoit auprès de l'onde fumante et salutaire de la fon« taine d'Abanum (3), Beaucoup d'autres lieux ^ qui prètoient an merveilleux, tels que les souterrains , les grottes , les cavernes , et certains soupiraux exhalant des vapeurs empestées ,

(i) Voyes la belle et exacte description qu'en fait Virgile , j^neid. VU , 563-571 ; Cicer. ib Divin. I y 36 ; PHn. II, 93.

(a) Swinbume, Travels in ihe Upo SicilieSy T. I. Sect. i5. — Brocchi, Osservazioni fisiche faite nelle valle di Ansanlo. Bibl. ital. , T. XVII , p. 364 » ^^^* 1820.

(3) Sur les fontaines d'Abanum, célébrées par tant d'écrivains, on peut voir l'Elégie ou Claudien décrit en détail (VI, 11-12) la colline, aujourd'hui dite Montiron , du haut de laquelle sortent des eaux thermales, dont la chaleur, des plus fortes, se maintient à soixante degrés et plus du thermomètre de Réaumur. La célëbre^pureté de ces eaux s'étoit accréditée par la prudente tradition , que û une femme se baignoit dans l'endroit destiné au bain des hommes , elle étoit sur-lechamp brûlée. ( Cassiodor. Var, II , 39 ; Add. Mart. VI , Ep. 42-4.

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