‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 162 sur 283 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

et la rive d'iiiie fontaine que Nnnia rendit si célèbre, puUioient aussi de saints avertissements (i); enfin Porrima et Posverta a voient aussi le divin pouvoir de découvrir le passé et de pénétrer dans l'avenir (a). Mars lui-même, dans Tâge reculé des Aborigènes, rendoit ses réponses par l'intermédiaire d'une pie (3), comme Jupiter se servoit d'une colombe dans la forêt de Dodone. Plusieurs autres divinités , que l'on supposoit avoir choisi de préférence pour leur séjour les fontaines et les fleuves , avoient également le don de prédiction, comme Clitumnus, prolecteur des eaux qui portoient son nom dans rOmbrie, et dont le culte a été décrit par Pline le jeune, avec une si élégante ironie (4). Près des sources fumantes d' Abanum , se trouvoit un

9,4^ Serv. VH > 47- Comëliua Lahion ( jép. Macrob. I , la ) et Cornéliiis Bassus (^^. Lactant. Instit, I, 22), croyoient que Fatua signifioit bonne déesse, (i) Liv. I, ai ; Plut. 1/1 Num.

(o) Altéra , qaodporro fkterat , eeeinme putatur ; Alteoa, n/ersurum patêmodo fuidfHÙlermt.

OrtD, Fiut. 1 , 633; Gell. XVI, i6.

(3)yarr. ap.'Diony^l, 14; PUn. X, 18; NonniusXII, 3. Les livres pontificaux des Romains enseîgnoient aussi qu'on pottYoit tirer des augures du pivert consacré à Mars.

(4) L. VIII , ep. 8.

6o PREMIÈRE PARTIE.

temple antique consacré à un certain Grérion, et très-renommé par ses sortilèges divinatoires (r). Ce genre d'oracles fut recherché avec une prédilection particulière du vulgaire, toujours prêt à s étonner ; car les prêtres , gardiens de ces secrets, étoient aussi habiles dans la connoissance des fourberies humaines qu'ignorants des arrêts du destin (a). Les réponses données ainsi par la voie du sort avoient illustré, en Étrurie, les villes de Cérç (3) et de Falérîe (4); mais on étoit surtout curieux de celles que prononçait la Fortune à (5) Prœneste ou à Antium. : la ,

(i) Lucan. YII, 193; Sueton. in Tiber, 1^. Tibère consulta cet oracle en jetant des dés d'or dans Tonde prophétique, pour savoir s'il parviendront à l'empire. Le Dien prudent fit, comme on peut l'imaginer, une réponse conforme aux désirs ambitieux du consuItanL

(2) Tota res est inventa faUaciis , aut ad quœstum, aut ad superstitionem , aut ad errorem. Gicer. de Divin, II , 4 * •

(3) Liv. XXI,62.

(4) Id. XXII , I ; Plutarch. in Fab. Ces deux oracles marquoient les plus iPunestes présages lorsque leur manifestation paroissoit diminuer.

(5) Cicer. de Divin. II, 41; Propert. II, 32, 3; Strab. V, p. i65 -, Valer. Max. 1 , 3, i ; Lucan. II, igS; Stat. Sjrlv. 1 , 80. Le temple fut dédié avant la fondation de Rome. Gicéron l'appelle antique , raconte son origine cr les prodiges qui donnèrent lieu aux sortilèges par Tar-

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