‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 163 sur 283 · CHAPITRE XXII. 6l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII. 6l

deux simulacres ^ l'un propice , et l'autre funeste^ iinposoient, par d'adroits mouvements, à la crédulité d'un peuple aveugle (i), qui, du caprice de la déesse , faisoit dépendre entièrement la marche des choses humaines. C'est avec un grand succès que Ton employa le prestige d'une poésie inculte (a), pour subjuguer mieux l'ima-

tifice cle Numarius Fufietius de Préneste. On y adoroit un groupe représentant la Fortune, dite Primigenia, avec Jupiter et Junon enfants qu'elle tenoitsur son giron : dans une antre chapelle on révérait séparément une idole de cette déesse , richement dorée. Garnéade disoit C[u'il n'avoit jamais vu de lieu oii la Fortune fût plus ifortunée qu'à Préneste ( Glitomachus , ap, Gicer. /. c. ). Ces sortilèges , qui commençoient à perdre de leur crédit sous Tibère (Suet. 63), se maintenoient cependant encore en grande vénération sous Donutien. Id. in Do^ mit. i5.

, (i) Horat. I , Od, 55. i, et vêtus interpres ad h, L; Tac. HT, 71 ; Sueton. in Calig. Sj ; Macrob. Sat, 1 , 23. Martial ( V, Epigr^ 1 ) appelle ces statues sœurs. Voyez une médaille de la fiamille Rustia ap, Martial. /. c. éd. Smid , p. 188.

(a) nftrsibu* quos olim Fattnei, 'vatesque eanebant,

Enn. Fragm. p. 9.

Varron , ap. Serv. Georg. 1 , 1 1 ; Cornel. Fronton. Opéra inedita ^ p. 2 1 7 : Fauni vaticinantium incitalores.

Les vers siby-lHos existoient de temps immémorial dans plusieurs villes d'Italie, <l'oii ils furent transportés k

6a PREMIERE PARTIE.

ginationdes peuples, et inspirer uue vénération superstitieuse pour d'obscures et iacohéreates prédictions; ainsi fut réduit en système le moyen de maîtriser les hommes , fondé sur rinfiuence si puissante des espérances et des craintes même chimériques (i).

Dans la longue suite des progrès et des vicissitudes de la civilisation 9 il existe une période remarquable , où la religion forme le principal personnage du tableau , et joue le rôle le plus actif dans toutes les afïiaiires de la société. A cette époque de sa plus grande influence , on vit s'établir des familles sacerdotales , dont les membres, qui étoient censés entretenir avec les êtres célestes un commerce secret, s'arrogèrent exclusivement le pouvoir d'interpréter les volontés du ciel et l'autorité de la doctrine de la théologie politique. Ces hommes privilégiés, qui faisoient parler la divinité suivant leurs caprices , étoient aussi les uniques dépositaires du peu de lumières qu'on avoit alors sur la physique , l'astronomie , la médecine et les autres

Rome pour remplacer ceux qui «voient péri dans l'incendie du Capitole , après la guerre des Marsei.Dionys. IV, 62 ; Tacil. VI , 12.

(1) On peutvbir l'appareil d'un ancien oracle figure sur un bas-relief Etrusque ^ PL XLI. —V. ÈcUircis$. n. III.

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