‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 164 sur 283 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

connoissances naturelles , de sorte qu'ils s'ctoient approprife les secrets des sciences et des arts » aussi*bien que ceux de la i*eligioa (i). Aucune institution ne fut plus facilement adoptée ni ratifiée par un consentement plus unanime des peuples ; de là l'influence puissante exercée par les prêtres égyptiens et cbaldéens , par les brames et les druides, et par tous ceux des temps anciens. Les tribus sauvages de l'Amérique septentrionale ont également dans leur sein des fisimilles semblables placées sous la protection immédiate des dieux. La race des Incas, au Pérou ; Odin et Thor qui , dans les climats sep* tentrionauxy transmirent à leurs descendants leur divinité aussi-bien que leur puissance temporelle, prouvent assez combien la multitude fut en tous lieux crédule et soumise aux prestiges d'un petit nombre d'hommes artificieux. En Italie , les familles consacrées au service des temples étoient de la plus haute antiquité , et , faisant tourner quelquefois au profit de leur ambition le pouvoir d'être utiles , elles se disputèrent 1'

(i) Ces artifices sacerdotaux , cachés sous le Yoile de la science médicale , out été révélés dans les Frères Arvales, p. 247 » dans l'Histoire de la médecine , par Le Clerc , L. I , et dans rhistoire^ bien plus instructive 9 qui a été donnée par Sprengel , tom. I.

redite et les avantages du sacerdoce. Telles étoient, dans le Latium, les deux fatfliles des Potitiens et des Pinariens qui pretèndoient avoir reçu directement d'Hercule le droit exclusif d'offrir de certains sacrifices (i). En Toscane, quelques illustres maisons possédoient seules le privilège de l'art divinatoire (a) et le secret des choses sacrées (3) . Le même usage se retrouve anciennement pratiqué chez les Samnites (4)* Dans les tables eugubiennes il est aussi Êiit une mention fréquente des prêtres atériates chargés de l'interprétation de la célébration de certains rites (5). Les Ombriens, si fameux dans Vart de pronostiquer d'après le chant et le vol des oiseaux (6), qu'on les appeloit les hérauts des

(i) Liv. I, 9> Dionjs. 1 , 4^ ; Diodor. IV, ai; Virg. VIII , 269, seq. Serv. ad h. L

(a) Tacit. XI , 1 5. Cécinna , comme Técrit Gicéron ( ad FamiL VI , 6), avoit été instruit par son père dans les sciences étrusques.

(3) Tite-Live (V, 22) dit, en parlant de la statue de Junon à Sites : Quod id signrnn, more etrusco, nisi certœ gentis sacerdos , adtrectare non essùt solitus.

(4) Liv. X , 38.

(5)CVHail1^fl:<I3tfl(I8 Frater Miieriur. PI.

III, ap. Dempster.

(6) Oicer. de Divin. 1 , 1 1-42* I^es devins toscans, au rapport de Porphyre {de uébstin. IIÏ, 4), entendoient aussi le langage des aigles.

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