‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 167 sur 283 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

radmettr^ au nombre de ses institutions, en rempruntant de quelqu'un des peuples voisins, chez qui de- tels ministres étoient plus anciennouent connus.

Mais de toutes les corporations religieuses il n'y en eut point de plus fameuse que celle des Aruspices toscans (1) ; ce fut sans doute au sein même de TEtrurie que naquit cette fantastique science. Tagès, créateur de lart divinatoire^ sortit du sillon d'un champ voisin de Tarquinie (2) y comme le poisson Oaunès des Chaldéens jaillit du sein de la mer. Ce langage symbolique est facile à expliquer ; il désigne , pour chacun des deux, le pays d'où ils tirèrent leur origine. 11 fallut du reste que ce Tagès fiit doué d'un esprit extraordinaire pour concevoir un système de pronostication si hardi » pour le hâve adopter

(i) Veteremab ipsis diis immorlalihus, ut homi" numfatna est, Elrunœ datant discipfinam, Qicer. de Aruspic^ respons. 10. Tacite, i'^pelait vjstusiissimd lialîœ disciplina. AnnaL XI, i5.

(a) Cicer..rfe Divin. U,.23, 38; Festvs in Tages ; Gensorin. 4; Aifiy^ian- Mafc ,XXl, i^ Ar|iob,..II, p.gî; MartiaiK. Capel|. JI , 9,. 6 ; gsidor. yill, 9; Ovid. •Jfeiiimo/7>A. XV, .5Ji^558.:,^^

InéigennB éixere Tagen^ quiprimus peruseam JSdocuii ifp^m çasus M^^f/uxuros.

Add. Lucaii. i/«S6-6V

68 PKEMIÈRE PÂKTIE.

de ses concitoyens , et pour gouverner par ce moyen Topinion publique (i). Les noms vénérés de Bacchis et de la nymphe Bigoe (a) y.qui passoient pour avoir enseigné une doctrine sem^ blable , servirent à accréditer cette science mensongère par les prestiges du merveilleux. Les livres Rituali, Fulgurali, Anispicirdy Acheronticij FataU , gardés avec le même mystère (3), cbmposoient le corps des doctrines étrusques qui s'accrut avec le temps d'observations nouvelles (4); il fut expliqué d'abord, pour

(i) Le nom de Tagës étoit en grande vénération chez les Étrusques. On disoit que ses leçons sur les aruspîces avoient été recueillies et écrites par ceux qui les ent<*ndirentdesa bouche, ainsi que nous l'apprennent Gicéron,

de Divin, II, 23 , et Gensorin , 4* Ammien MarcelUn a fait mention des livres de Tagës (XVII, \o) i in Tagetis tuscis libris , ( ou , selon la leçon plus exacte de Gronovius, éd. 1693,) in Tageticis libris y etc. Add. Scrv. VI II, 398.-

(2) Fuîgent. I^lanc. I; Serv. VI , 72. Bigots npnpha , quœ artem scripseratfulgvrïtarum apud Tuscos, Peut* être étoit-ce la nymphe dont lé nom est incertain et gui étoit honorée par les Toscans pour son Habileté dans cet art, suivant Placid. Lûtac. ûd, Stat. Theb', IV, 5i6,

(3) Gicer. de Divin, I , -33 ; Gensorin. II ,* 14--17; Arnob. II , p. 87 ; Festus in riluaUs, Serv. IIÏ , 537 ; VIII ; 398, etc. « V 'i

(4) Eam{ jéruspicihamj poslea cnfvf4se rébus novis cognoscendis , et ad eadem Ma prmc^jîa referendis» Cicer. de Divin» II ^ 23 .

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