‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 171 sur 283 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

premiers siècles de la république , on avoit cou* tume d'envoyer, chaque année , en Toscane , six jeunes gens des plus nobles familles , pour s'y \ instruire des choses de la religion (i) ; enfin la vaticination étrusque prit tin si grand empire sur l'esprit de^ Romains , qu'elle seule peut-être vint a bout d'en adoucir le fier et indocile carac-. tère (a). Les anciens oracles si fameux, et no-^ tammeut celui de Jupiter- Aromon , perdirent bientôt de leur autorité chez les Romains , dès qu'ils eurent placé leur ibi dans la divination étrusque et dans les vers sibyllins (3) . La sérieuse attention que des peuples entiers donnèrent k ces objets , prouve clairement que la science divinatoire formoit à la fois une des plus hautes branches du sacerdoce (4) et une des institutions

XXYIII, 2. ËrgeniM, autre aruspice trë»*habi]e dam U science fiilgurale , est célébré par Perse , SàL I ,. o&^

( 1 ) Oicer . de Dii^in. î, 4 1 • Vatère Maziioe ( I , i , i ) vent qu'ils fussent au nombre de dix ; voici les propres tefine» de la loi : Etruriaque principes disciplinant docelo. Cicer. de Le gibus , II , 9.

(a) Si examen apum ludis in scenam venisset , ha^ mspices acciendos ex Eirun'a putaremur, Gicer. dé Earusp^ resp. i2u Tant les maîtres du monde étoienft esclaves de la science des Toscans ! '

(3) Strab. XVII ^ p. SSg.

(4) Cicer. de Legib, II.

les plus importaDtesdie l'Etat. Au temps de Cîcéron^ dans un siècle d'incrédulité^ de hardis raisonneurs pouvoient sans doute demander si la divination étoit un art qui eût un fondement solide, ou si elle n'ayoit été imagiitée que pour Futilité publique (i) ; mais bien .que lorateur romain eût lui-même démoutré la (utilité de ces cérémonies , Topinion des esprits, forts n'ayoit pas alors plus de puissance qu'elle n'en a de nos jours pour guérir la multitude de ses vieilles erreurs; aussi voyons*nous que la science au-* gurale survécut long-temps au nom même de& Étrusques , puisque l'empereur Julien ne rougit pas de se faire accompagner dans ses voyages par des devins toscans, versés dans ce.Ue science (%)^

(i) Marcellus et Appius Puicher , tous deux du collège des augures , écrivirent contradictoirement deux livres en &veur de Tune et de l'autre opinioa ( Gicer. de Legib. II , i3 ). Q.'Maximns y du temps qu'il étoit augure, ne craignit. point de dii^e que tout ce qni «'étoit fisit pour le sakttde la république, avoit été feit sous les meilleurs auspices. Gcer. de Smaect. 4*

(9.) Ammian. Marcell. XXIII , 5; XXV, 2. Tel étoit & cette époque le crédit de l'art toscan , que Coostantiu lui*méme, malgré la forte propension qu'il avoit pour le christianisme) puhlta un édit qui réglait la légitime consultation des aruspices. Voy. Cod, 'JTheodos. L. XVI , Tit. X , Leg. I. de Pagan. Saùrif , arec le docte commentaire de Godefroî.

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