CHAPITRE XXII
leiir invincible yaleur, leur magnanimité, leur 4oyaulé, leur tempérance , en un mot, les vertus qui les rendirent célèbreâ (i). La négligence des devoirs de piété , Foubli des dieux amenèrent la décadence de Rome ; et en Etrurie la dépravation des moeurs marcha de front avec les progrès du luxe et ceux de rincrédulité.
Dès l'instant que la croyance corrompue dégénéra en de bizarres formules de superstition » le peuple, dont la reKgion n'est que l'imitation de celle de ses chefs, se trouva en proie aux plus funestes erreurs. La science des présages, accréditée par rhabileté de ses premiers ministres, infecta toute l'Italie antique de pratiques insensées, de sortilèges , de paroles magiques , qu'une aveugle crédulité appliquoit aux besoins, aux désirs de chacun, au pressentiment des périls, et enfin aux actions lès plus indifférentes de la vie. La jactance des enchanteurs marses^ leurs promesses merveilleuses (2), et la renommée . de leurs augures (3) , paroissent n'avoir pas peu
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( I ) Polyb. YI , 56 ; Qcer. de Haru^p* redpons, ^ (2) Lucil. ap. Non. III, 69, cl Pompon, ibid» YII, 11 3. Homt Epod, od. 5-76; od. i7«^a9.; Ofid. Art. AmandAlj loia; Je JUedicam.faciei ,it^é PJin. XXVIII, a etaU * .. . '
< (3) Ctmius ( Fragm. p. 225) appelle \7>iùafws haruspices, œux qui se répaodaîent daiu je» campagnes pour
accéléré cette corruption géoérale. L'Étrurie elle-mêine , devenant indulgente pour toute e^ pèce d'expiation (l) , et oubliant que la première destination des lois divines avoit été de corro*borer les liens de la nature et les devoirs de la société, promettoit je ne sais quelles apparitions miraculeuses des morts, et d autres fantasmagories effrayantes consacrées par Topinioù po- .pulaire (2). Chez le vulgaire , le besoin de croire est si impérieux, que les absurdités lea plus grandes sont, celles qu'il accueille le plus avidement. Les fêtes et les cérémonies religieuses qui , dans TÀge.de la simplicité , avoient été adap- . tées aux mœurs frugales et grossières de peuples
débiter leur utile; , mais dangereux service : Quœ gênera vanâ superstitione rudeis animas ad impensas ac deinde adflagitia compellunt ( Cato R. R. 2. Columell. I, 8 ; X , t ). Il est souvent fiait mention de Sabella car^ mina , Marsa nœnia : encore aujourd'hui le peuple dit , dans un sens proverbial différent, sorciers sabins. Ces sortes d'erreurs étant de nature à se perdre les dernières, se perpétuèrent en grande partie parmi les Romains* ■ •
(1) Tuscorumpiàcula. Apul. deDeo Socrm, . {7) Quod: née . vedium ( mtalum divum ) cum uxorc conspexerit, sicuisuadebat Etruria. Martian. Capell. Il,
Alexandrin. CohorL adgenUs, II, p. 11. ed, Potter.
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porteurs (i), ctoient devenus de somptueux spectacles y capables d'exciter les sensations les plus vives dans Fàme de ceux qui en étoient témoins. Les tables eugubiennes » précieux monument de Vantique liturgie^ nous donnent à travers leur obscurité quelques indices de la pompe magnifique avec laquelle se célébroient les sacrifices (^). Des chants , des prières, des cérémonies, des formules spéciales accompagnoient loffrande d'une vive reconnoissance et l'accomplissement des rites. Les victimes s'immoloient trois à trois : on sait que ce nombre mystérieux étoit d'une grande importance dans la religion des païens (3). Par le nombre des oblations^ quelques uns des sacrifices équiva-». loient à une hécatombe^ un autre passage de
(i) Les antiques fériés latines, qui se célébroient sur le mont Albain , i\^oient pour repas un régal de laitage , et pour divertissement le jeu champêtre de la balançoire , qu'on disoit avoir été apporté en Italie par les Osques. (G>rnificiu8, ap. Festnm, in Oscillum. Philarg. a^ Virg. Georg. II y 389 ). Les fêtes pastorales dites Paliliay de Paies déesse des bergeries , se célébroient de même avant la fondation de Rome. TibiiJl. II , Eleg, 5 ; Plutarch. in RomuL
(!i) Yoy. Lansiy Saggioetc., Tom. II, part 111.
(3) Apul. Melam. XI, subfn.QvLiher.deveLJurû Poniif. IV, a.