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8a' PREMIÈRE PARTIE.
ces tables indique la quotité des contributions religieuses de chaque peuple ; sous le règne de Tarquin y on voit que de pareilles obligations étoient imposées aux Latins dans les solennités célébrées en Thonneur de Jupiter Latien(i). Dès cette époque , le culte des dieux entrainoit d'assez fortes dépenses; car, dans les fêtes religieuses , la faveur des bonnes déesses devoit s'obtenir par des services gracieux et riants , tels que la danse , des banquets et des jeux (2). Ainsi la pompe des spectacles étoit en proportion des libéralités publiques et de la vanité nationale , qui n'est pas moins exaltée chez les petits que chez les grands. Sur un grand nombre de monuments étrusques, , on voit représentées les cérémonies religieuses , les danses et les concerts pieux de ce peuple , et Ton peut, d'après ces images, se former une idée de la magnificence qu'il se plaisoit k mettre dans son culte (3). Les» Saliens et les
(i) Dîonys. IV, 49* ^^^ scrupuleuse distinction etassH gnation de victimes se voit également exprimée sur trois àei tables Arvales. Le grand sacrifice de trois victimes entières, appelé solitaurilia , tiroit sa dénomination, et peut-être même son rit , des Osques. Festus, in Soliiau^ riliis , et ailleurs.
(2) Labeo, apud kaf^xxîX. de Cii/itDciy II, ii.
(3) Voyei les MonumenU, PL XVII, XV III , XIX.
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Arvales unissoient également les danses aux prières ; au son des tronxpettes sacrées ils figuroient leurs mouvements, frappoient trois fois la terre , et répétoient à chaque fois leurs cantiques (i). Les arts du dessin , auxquels s'adonnoient spécialement les Toscans, fournirent aux zélateurs de la religion des représentations matérielles de ceux des objets sacrés qui pouvoient s*adapter le mieux à l'organisation sensueUe de Fhomme. Tout le monde connoit cette foule innombrable d'idoles domestiques , de statues , de figures de toute espèce qu'avoit consacrés la piété des Toscans, monuments caractéristiques de leur idolâtrie, qui se trouvent répandus dans tous les Musées de l'Europe. Quelle quantité de patèreSy d'offrandes valides, d'inscriptions pieuses n'a-t-on pas trouvée dans l'Etrurie centrale , qui véritablement , à cause de tant de simulacres et de tant de formules mystiques, fut appelée par Amobe la créatrice et la mère des superstitions (2) ? Ce pays offroit à chaque pas des temples et des autels où se célébroient les
Ackd. D«mpst. PI. 77-78. Saati>BartoH, jéntich. sepolcri. PI. 95.
(t) Marini , Fratelli Arvali , p. 18.
(2) Genitrix ei mater supersiitionis Etmria. VII , p. 282.
84 PRBUlèRB PàKTIE.
plus singulières solennités. Les Tusculans, les Falisques (i) avoient leurs fêtes particulières; dans le Latium, chez les Sabins et les Etrusques, la reconnoissance des serviteurs des dieux eclatoit sous mille formes différentes ; et Vltalie , divisée en États nombreux , ne fut jamais, dans ses célébrations religieuses, soumise à un rite unique : chaque peuple suivoit celui qui lui élCHt propre.
La haute estime qu*avoit conçue Tantiquité pour la religion des Toscans, introduisit dans le sein même de la Grèce, quelques-uns de leurs rites, comme on peut le voir dans les lois de Platon (a) , qui recommande de ne faire aucune innovation dans la religion non plus que dans les sacrifices, soit qu'ils fussent propres au pays, soit qu'ils fussent empruntés de i'Étrurie ou de nie de Chypre. Malgré cela, par une de ces révolutions étonnantes qui atteignent toutes les choses soumises à l'empire de l'opinion , la mythologie des Grecs , quelques siècles après , obtint une telle faveur en Italie , qu'elle j usuipa
(i) Varro , £. L. Y, 3 ; Festus, in Quùtquairum.
(a) L. y. Dans les rituels des Aihéniens on lisoit plasieurs mots italiques; ce qui atteste qu'ils avoient eni"» pranté nos rites : In libris sacrornm Atheneis scriplum. est»iwfm»m\wifum, Varro, L. L, Vf , ig, Hesych. timwfm^