CHAPITRE XXIIJ. lo
et chéris ; le respectable titre de mère de famille s annoDÇoit extérieurement par des marques d'honneur , l'une desquelles étoit une sorte de coiffure propre à l'Italie^ ornant noblement la tête, et qui s'appeloit tutulus (i). La tendresse filiale dont la nature nous &it une si douce loi , étoit fortifiée par les vertus de cet heureux âge } dirigés jpar l'opinion , les enfants restoient volontairement soumis à l'indulgente autorité qui avoit gouverné leurs premiers ans. LesSamnites» en particulier, professoient ime grande obéissance à l'égard de leurs mères (%), qui se fai* soient un honneur de leur inspirer les vertus.de leurs pères y et de les rendre bons citoyen^.
Une des coutumes les plus remarquables se-^ roit aussi celle de certaines vierges de la Daunie , qui, passant leur vie dans le célibat, étoient vêtues de noir, et se leignoient avec des sucs d'herbes le visage en rouge , à la manière des
(i) La forme primitive de cet ornement > celle d'un bonnet en c6ne , se voit fréquemment aux petites statues de femmes toscanes et dans les ouvrages de plastique des Volsques. Les dames romaines ^ selon Varron , rouloient leurs cheveux de cette manière : Matretfamilias crincs convolutos adverticem capiHs quos hahent ,uti velatos dicunt tuiulos, L. L.Wj Z, Voy. les Monuments y PI* XV ; LVII , 1 5 Mus. élr. PI. XXVII; Musée de Cortone, PI. 7 j Bas^reL volsques. Pi; II. — Voy. Éclaire, n. VL
(a) Horat. m , Od. VI , 37-4».
furies (i). Mais tout doane à croire qu'une coutume si étrange appartiendroit plutôt à quelqu'une des colonies grecques de la Fouille^ qu'aux races primitives grossières de cette contrée.
Les premiers habitants de l'Italie étoient dans l'usage de porter leurs cheveux longs et de laisser croître leur barbe ^ comme le prouvent de trèsanciens bas-reliefs des Volsques et des Étrusques (2). C'est ainsi que Virgile, qui retrace les anciens usages avec la fidélité d'un historien comme avec la grâce d'un poète^ a représenté le Toscan Mézence , portant une barb^longue et peignée avec soin (3). Une pareille coutume fut observée par les Romains du premier âge, à qui Tibulle et Horace donnent Tépithète diintonsi. L'art de se raser, qu'on a nommé ingénieusement l'i mposture du visage , ne fut probablement pas introduit à Rome avant l'an 4^4 ^^ 1^ fondation de cette ville; ce fut à cette époque que P. Ticinius Mena se fit suivre en Italie par des
(i) Ljcophr* V. ii-3i-38; Timaeas, ap. Tzetz. ad h. loc,
(a) Voy . PL XIV > & ; LVII , 3 j Bas^eliefs volsques , PI. I.
(3) Propexam barham, X| 838. Le Sabin Titus Tatias , Romulus et Numa se trouvent également figurés avec une longue harbe , sur les Monuments. Voy ^ Vis* tonli , Iconograph. rom. I, 1 , a , 3.
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barbiers siciliens (i). Cependant il y avoit en Etruriedes hommes mous'et efFëminésqnis'épiloient soigneusement avec de la poix; ils avoient pour cela des artistes expérimentes ^ ainsi que les Grecs avoient des barbiers (2) . L'habillement qui, dans des temps simples et rustiques, consistoit en une courte tunique surmontée d'un capuce verdàtre^ dont s'honoroient, dans Rome mêtne, les Fabricius et les Curius (3), se compose y dans les monuments étrusques , d'une ample tunique et du pallium. La toge prétexte , bordée de pourpre , qui parut pour la première fois à Rome, sous le règne de TuUus Hostilius, étoit un ornement noble et ancien, certainement emprunté de l'Étrurie (4)> de même qu'une es-
(0 Varro, ap. Plin. VII, Sg ; Gell. III, 4. — Voyea Éclaircissements , n, VII.
(a) Théopomp. ap^ Athen. XII , 2 ; £lian. de Nat. anim. XIII , 27. On voyoit ce méiAe usage chez les Tarentins; mais Alcime se trompe manifestement {ap, Atben. /. c.) lorsqu'il assure quils Tavoient emprunté des Sam ni tes et des Messapes.
(3) Contenues illic veneto duraqu^ cucullo. Juven. Sat. III , 1 70. Lé peuple de la campagne a toujours conservé l'usage et la forme de ce grossier vêtement ( sagis cucuUis)f employé de même pour la commodité des voyageurs. Colum. R. R.l,8; XI, 1 ; Capitol, in Vero,l^i Ohtecto capite cucullione vulgari viatorio. Voy. les Monuments , PI. XXVII, XXVIII.
(4) Prœtextœ apud Etruscos originem inifenerunt.
I06 PREMIÈBÏ PARTIE.
pèce particulière de manteau ou de surtout étrusque (i);. mais le costume des premiers magistrats étoit principalement l'habit broché d'or ; la toge de pourpre, et celle en broderie ou peinte, de forme demi-circulaire, différente en cela de la lydienne , qui étoit carrée (a). Les plus riches, accompagnés d'esdayes à leurs ordres, alloient, pour plus de faste, en char ou en litière, dans la ville ou a la campagne (3). Le vêtement des femmes, d'abord composé d'une étroite tunique, se prolongeant jusqu'aux talons, et d'une forme particulière de chaussure relevée en pointe (4) , suivit le changement des mœurs ; et l'on vit s'introduire , avec la licence du luxe,
PHn. Vni, 48; IX, Sgj Flor. 1,6; Macrob. SaL 1,6: Prmlextam illo seculo puerilis non usurpabat œtas; erat enim honoris habitus, ( I ) Pestas , in Lœna,
(2) Dionys. m, 61 /Virgile décrit bien le costume de J^usus , petit-lils de Mézence , tel qu'il convenoit à un jeune homme d'un rang éleré : Et tunicam molli maier quam ncverat auro (X, 818). On remarque souvent, dans les sculptures anciennes du pays , des yétements peints de plusieurs couleurs et bordes en or.
(3) Voy. les Pi. XXVII , XXVIII , dejli citées.
(4) Calceolos repandos. Telle étoit, au dire de Cicéron , la chaussure donnée à la Junon de Lanutium ; et telle est aussi celle de-plusieurs petites statues de femmes de l'ancien style étrusque. Voy. les Monuments , PI. XV, LVII; ceux du Mus. élr. PI. XXVI , et d'autres sembla-