‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 184 sur 283 · CHAPITRE XXI II · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI II

des formes de tunique galantes , des mantes transparentes, des ceintures et un mode de chaussure indécent. A la simplicité des ornements dont se contentoit l'antique modestie^ on substitua de riches et brillants joyaux ^ des diadèmes, des colliers, des bracelets, des anneaux, des pendants d'oreilles et mille autres bagatelles pompeuses qu'on trouve dans nos Musées ou dont l'usage est attesté par les anciens monuments (i). Les hommes, toujours si prompts à se' plier aux modes et aux manières de l'autre sexe, ne dédaignèrent pas de s'approprier de semblables pagures , surtout la bulle d'or, marque distinctive de la noblesse, adoptée par les Romains (a). Les Étrusques leur fournirent également la trabée , le paludamentum , la tunique

hles. On connott le scandale qu'a souvent cause ce genre de chaussure dans les temps modernes.

(i) Voy.lesMonuments,Pl. XXXVI , XXXIX , XLIII ,

(2) Plin. XXXin, I ; Juven. Satjr. V. i64(£relrw*cum aurum, dit le poète). Voy. Ficoroni , délia Bolla iVoro^pag. i-io ; Morcelli , Diss. délia bolla de* Janciulli romani, ap, Biblioth. ital. Ann. 1816. T. IV, p. 224* Plusieurs figures étrusques avec un semblable ornement suspendu au cou, se voient dans le Musée étrusque et dans celui de Kircher ; mais la plus remarquable est la statue d'un jeune garçon, trouvée à Tarquinia et que Ton con-« serve au Musée du Vatican^

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palmée, les anneaux, les fakrnois des chevaux et presque toutes les marques extérieures des dignités publiques ou de T opulence des particuliers (]). Les Sabins eux-mêmes, malgré la sévérité df^ leurs mœurs, ne surent pas résister long-temps à l'exemple séduisant des somptueux Étrusques; aussi lisons-nous qu'ils furent passionnés pour toutes ces espèces d ornements (a); mais leur goût plus sage sut faire tourner la vanité au profit de FÉtat; le luxe, chez eux, fut consacré aux récompenses militaires et à Tembellissement des armes , et les Samnites en usèrent comme eux (3). Mab, de ce qui composoit la parure des Etrusques, rien ne fut plus goûté qu'une chaussure connue sous le nom de sandale tyrrhénienne , que s'approprièrent les sénateurs romains (4) f et qui plut tant à Phidias, qu'il n'en chercha point d'autre pour sa fameuse Minerve (5).

En Étrurie, le luxe de l'Etat devoit être né-

(i)Flor. 1,5.

(a) Liv. 1 , 1 1 ; Dionys. II , 38.

(3) Liv. IX , 4o.

(4) Virg. VIII , 458 ; Scrv. ad h. l

(5) Pollue, ex Cratino, VII, 86-92-93. Clen^. Alex. Pœdagogus, Il j 11. Les sandales tyrrkéniennes avoicnt la semelle très-haute , s'attachoient avec des courroies ou bandelettes dorées , et étoient d'une couleur tirant sur le

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cessairement proportionné à la splendeur des particuliers. Les jeux et les spectacles , qui ne sont en tout temps que l'expression des mœurs d'un peuple y furent institués chez les anciens y d'après leurs maximes , comme des actes de religion (1). Plusieurs monuments peuvent nous faire juger de la magnificence des pompes étrus-ques y qui fournirent aux Romains l'idée de leurs solennités triomphales (2). Les jeux du cirque , admirés comme la plus majestueuse représentation qu'ait pu imaginer la grandeur romaine , furent imités de ceux des Toscans (3) ; ils furent même dirigés par des artistes de cette nation, lorsque Tarquin l'Ancien donna au peuple cette agréable surprise dans un cirque qu'il avoit fait construire, et qui depuis reçut le nom de grand cirque. Ce fut de l'Étrurie que l'on fit venir également et les chevaux et les lutteurs qui parurent dans ces jeux (4) , qui , selon £ràtosthène (5), s'exécutoient dans ce pays aason des

rouge. Sur cef te espèce de chaussure , Voyez Salmasius , Not. in Flav*. VopisC. p. 410.

(i) Tertull. de Spect. 5.

(2) Âppian. in Punie, f. 58, éd. Toll. Conf. MalFei ^ Observ. Littér, Tom. IV, p. 67.

(3) Bianconi, Descrizione dei Circhi, p. 2.

(4) Ludierum Juit, equi pugilesque ex Eiruria maxime laçciti. Liv. 1 , 35.

(5)ApudKX\ieu, IV, x3; Alcimos, ièid, Xn,2> Aritlot.

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flûtes et des trompettes. Oa trouve les courses de quadriges chez leâ Véiens (i) > peuple riche qui célébroit avec beaucoup d'éclat tous lés spectacles relatif à la religion (2). Les historiens (3) et les monuments se réunissent pour constater la grande habileté qu'a voient les Toscans dans certains jeux scéniques ou danses figurées, exécutées au son de la flûte (4) f et dans des tours d'agilité qu'on abandonnoit aux esclaves. Des sculptures antiques nous représentent ùé^ quemment des histrions , à^ bateleurs , des sauteurs dans les attitudes les plus diverses et les plus bizarres (5). Toutes ces choses y qui sembloient n'avoir d'autre but que le plaisir, s'ennoblissoient par leur constante application à des vues religieuses. La musique enfin, qui dans son origine concourt si puissamment à la civilisation des peuples , la musique étoit recommandée aux Toscans par des lois positives;

ap, Pollucem , IV, 56. On voit des atUètes , au sob de la flûte, s'exerçant au pugilat et à la luttei dans une peinture étrusque trouvée à Glusium. Mus. étr. III , PL YI ,p. d& •

(i) Plîn. YIII, 4^; Festus^ in Ao/iime/ia; PIntarch.. in PopiL On voit une course de chars représentée sur les Bas^reliefs volsques , PI. 3-4*

(a) Liv. V, I.

. (3) Ibid.

(4) liv. VII , 2 ; Valer. Maxim. II » 4 , 4. .(«Voy-FKl4VI.. ,

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