CHAPITRE XXlir. 1 1 I
elle ftisoit partie de leurs mœurs , et son usage a voit lieu jusque dans Tiutérieur de leurs maisons , s'il est vrai que c'étoit au son mesuré des flûtes qu'ils pétrissoient leur{>ain et qu'ils ch&tioient leurs e8clave8r(i)«
Les Italiens puisèrent une vigueur plus noble et plus utile dans une autre espèce de mâles exer* cices qui fortifioient à la fois leur esprit et leur corps. L'éducation robuste de la jeunesse tendoit principalement a la rendre propre aux travaux de la guerre^ non moine qu'à ces luttes de l'adresse et de la force^ où s'excitoit l'émulation ou l'amour d'une frivole gloire. L'esprit fier et jaloux que devoit engendrer de semblables coutumes , donna lieu , chez les Ombriens , à une espèce de duel où les deux champions combattoient armés comme en guerre , et il étoit convenu que le bon droit étoit du côté de celui qui avoit immolé son adversaire (2). Les jeux de
(0 Aristot. ap. Pollac , IV , 56; et Mntarch. tleeohi^ henda ira « II , p. 460 ; Alcimus. àp. Athen. XII , i4« — Alchnus ajoutoit nne particolarit^ non moins curieuse et peut-être ]p)us vraisemblable , c'est que e'étoit aussi au son de la flûte qu'avoient lieu les exercices de la lutte. R-R.
(2) O'/éCfittê) êrtcf Vf et «AAyAwvr Ixmatf ifê^fwÇii'r^m , umTê»
•f rif^^fntaç mm^ft^mç, Nicol. Bomasc. apud Stob. Serm, XOI.
gladiateurs, nés chez les Étrusques de la Campanie (i) , n*étoiént probablement qu'un abus des anciens exercices athlétiques , qut dans Torig! ne avoient été destinés à faire partie de la pompe funèbre des honimes valeureux (a). Tout horrible qu'il étoit , ce spectacle de sang, introduit dans Rome vers la fin du cinquième siècle (3) , devint , par la dégradation des mœurs, un des divertissements habituels et favoris des Italiens , qui allèrent jusqu'à se le donner au milieu des tables et des festins , comme on le voit pratiquer par les habitants de Capoue , qui
(i) Voy. Tom, I , ch. XVI. Diane , divinité intélaire de la Gampanie , prësidoit aux jeux des gladiateurs. Tertull. de Spect
(2) Voyi les peintures de Tarquinîe , PI. LIII , et le dessin d'un antique tombeau, découvert à Ci usium, ou sont représentés de semblables combats. Mus. éir» Toin. ill, PI. 6, p. 86. Sur un autre tombeau 'découvert à Pompëia en 181 a , on voit aussi figurés , dans les )eux funéraires , des combats de gladiateurs , et une chasse aux bétes ; ce qui est en même temps une preuve de la forte passion héréditaire des Campaniens pour ces sortes de spectacles; passion remarquée aussi par Tadte.(XIVy 17). Voyez Mil lin , Pescript, des tombeaux de Pom"* péia, p. g-65j De Clarac, Pomp.f, ig-So.
(S) Ce fut dans Tannée 490 9 lorsque Junius Brutos les fit célébrer, aux funérailles de son père. liv. epist. XVI;Valer. Max.U,4, 7.