CHAPITRE IT. 5l
ficri& et étrangers : non-seulement les ailles , les provinces y mais encore les mers , les fleuTes et les Iipmmes s y montrent sous ces nouvelles dénominations qu'il plut aux Grecs de leur imposer j conformément au génie de leur langue tout en images. Ainsi ^ d^fis la succession des peuples , les Tyrrhénlens , les Ausoniens y les Liguriens, usurpèrent les noms des Baséniensy des Osques, des Aurunces, et d'autres nations italiques dont \^% appellations primitives se sont perdues \ en sorte qu'on doit être peu surpris si notre histoire , pour laquelle on n'a pu avoir d'autre source que les plus anciens auteurs grecs, se présente à nous toute pleine d'hellénisme, et si y trompés par ces autorités apparentes , plusieurs érudits ont attribué à la Grèce une si grande influence sur Ja civilisation et les arts de ritaKe (i). Cette opinion, répandue d'abord par des écrivains mal instruits , fut ensuite confirmée par la vanité mensongère des Grecs du temps d'Alexandre et des Ptolémées , époque où 11 pa^ rott qu'en perdant la liberté, ils avoient égale-^ ment perdu l'amour de la vérité. Tous les écrits qui nous restent de ces temps-là attestent que la pratique d'une érudition stérile dans son abon-* dance, et l'étude de la gran^maire , étoient alors
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(i) Voy. Éclaircissem, n. IX.
5a PREMIÈRE PARTIE.
l'occupation favorite des littérateurs (i). Les historiens y à l'exemple des poètes , aspirant moins à paroltre exacts que savants ^ se complurent particulièrement à rechercher les origines obscures des cites , et à débiter des choses nouvelles, merveilleuses et lointaines (i^). L'histoire authentique de nos peuples une fois perdue , ces récits fabuleux des Grecs , soutenus de leur réputation de savoir , prévalurent dans l'anti* quité ; et, comme si la destinée de cette nation étonnante eût été de dominer par l'intelligence
(0 Voy. Heyn. iie Genio sœculi Plolemœon opusc. acad, vol. I j p. 76-1 34*
(2) Parmi les poètes d'Alexandrie, il suffit à notre dessein de rappeler Lycophron , dont le poème obscur est rempli de grossières et de ténébreuses traditions sur ritalie , si même ii ne fvit pas le premier qui publia Tarrivée des Troyens en Italie , et la fable de l'Enéide. ^Alex. 1226-1280. ) Vossius et Fabricius nomment plus de trente historiens de l'Italie , tous Grecs , et qui sont indubitablement postérieurs au siècle d'Alexandre. Les passages qu'en rapportent Denys d'Halicarnasse , Plutarque, Athénée, etc. prouvent que ces prétendus historiens ont débité une foule de fables sur les origines 'de Rome , sans compter Sostrate et Zénodote , qui avoient écrit, le premier, Thistoire des Tyrrhéniens, et le second , celle des Ombriens. Zénodote (a;?. Solin. 8) assure que Préneste fut ainsi appelée du nom d'un fils de Latinus , petit-fils d'Ulysse.