CHAPITRE XXIV. Hk'J
la fondation de Rome (i) , qui| resserrée dans un territoire ingrat et borné , ne put de longtemps s'adonner à la culture de la vigne (a). Mais, sans parler d'autres lieux, les collines pierreuses de la Toscane , couvertes de vignes , donnoient en abondance les vins les plus gênéreux et les plus exquis (3). Le miel n'y abondoit pas moins ; et il est remarquable que depuis les temps les plus reculés , on élevoit dans toute l'Italie un nombre prodigieux d'abeilles ^ si négligées aujourd'hui. Ainsi , dans cet âge frugal et laborieux, on s'adonnoit à la culture de toutes les espèces de plantes , d'arbres et de graines , qui pouvoient servir à la nourriture et aux jouis- , sances d'un peuple nombreux.
(i) VarrOy ap. Plin. XIV, la ; L. Caesar. et A. Po8thu-» mius, in libro de adventu jŒneœ, ap, Victor. Or, G. R, i5. Ovide confirme aussi ( Fast. IV) la tradition curieuse que Mézence se déclara en faveur des Rutules contre les Latins , à condition qu'il auroit en récompense tout le vin qui se recueilloit dans le Latium.
(a) Plin. XIV, i a ; XVIII , 4- 1^^ Lî^riens qui man* quoient de vin faisoient usage d'une liqueur fermentée &ite avec de l'orge. Strab. IV, pag. 140. Ohû^rêvTvffiifUf. Dionys. 1,3?; Alex. ap. Athen. XV, 201 , in fine.
(3) Au temps de Pline , l'Italie pouvoît se vanter que de quatre-vingts espèces de vins choisis et renommés, pins des deux tiers étoient le produit de son propre sol. Plin. XIV, 6. Add. Dioscorid. V, a6; Athen. I , ai.
Entre les différentes branches d'économie rurale^ l'éducation des troupeaux est la plus ancienne y la plus honorable et la plus lucratire. Aux temps de leur gloire primitive , les pasteurs des hommes étoient à la fois pasteurs de troupeaux ; aussi voyons-nous que nos peuples soccupèrent des bestiaux avec un soin et une attention toute particulière. Cest à ce genre d'industrie que durent leur opulence si vantée les peuples riverains du Pô , les habîtans de la Fouille y de la Lucanie , et tous ceux de la basse Italie (i). Pline compte parmi les principales richesses du sol italique , ses taureaux indigènes , dont il vante la force et Tardeur. On multiplioit avec une vigilance toute particulière les bœu& , dont la race grande , vigoureuse , étoit la plus propre au labour (2) , et qui étoient appelés
(i) Tôt opima tauris colla. L. Ilf, 5 ; XXXVII,
(a) Varro , ap. Plin. XIV, 12 ; Columell. VI, i. Add. Virg. Georff. II , 146. La race des bœufs dTtalie , à g^randes cornes, au poil blanc ou gris, est visiblement diffe* rente de celle (des Alpes , plus variée dans ses couleurs, et qui a les cornes plus petites et les jambes plus courtes. Ces deux races semblent se confondre dans le Tjrol , et les dernières traces de la grande espèce d'Italie se perdent eiitièrement dans l'Alleoiagne.