‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 195 sur 283 · II · texte numérisé non relu

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l3o PREMIÈBE PARTIE.

car l'art d'élever les troupeaux étoit partout ^ftlemeat cultivé et lucratif^ les pelleteries et les laines étant du plus grand usage pour Thabillement civil et militaire , et pour les autres besoins de la vie. Mais la toison des brebis de la Fouille (i), eten particulier du pays de Tarente, effaçoit toutes les autres par sa souplesse et par son éclat ; sans doute parce que les Grecs avoient considérablement perfectionné dans ces cantons, comme nous le dirons en son lieu, l'art d'élever les troupeaux. Les races de chevaux entretenues avec les mêmes soins prospéroient dans tous les lieux qui étoient propres a leur éducation ; mais on Êiisoit un cas particulier de ceux de la Fouille, de la Calabre et du pays des Vénètes (2) ; les coursiers toscans (3) étoient

(1) Horat. III, Od.XWj i3-.i4; Strtb. VI , pag. ig6; Jttven. Sai. VI , 101 ; Plln. Columell. Mart. L c. Varron loue aussi les laines des Brutiens : Nobiles pecuariœ in Bruttiis habentur. A. /{. Il, 1.

(2) Strab. V, p. 147; VI, p. 196; PHn. XXXV, 4; Juvënal (5ai. VIIF, 6a) et Martial (III, Epî^r. 63) yantent aussi les races célèbres du pays des Hirpînsdans le Samnium. Mais on doit noter surtout Fautorilé de Virgile ( Georg. II, 145 ) et de Pline : Ne eçuos quidem in trigariis prœferri ullos vemaculis animad^erto ^ XXXVII , in fin.

(3) Oppian. de F'enat» I, 17a

CHA?ITBE XltW. iSl

aussi renomma pour leur légèreté. On n'estixnoit pas moins , pour leur force particulière ^ les mulets de la Sabine (i)^ comme aussi leâ bardots et les bidets de la Ligurie , supportant long-^temps la fatigue (^2). Les belles forêts de l'Italie y que la hache n'attaquoit jamais sans avoir consulté l'utilité publique , et que l'on conseryoit très soigneusement^ outre qu'elles offroient pendant une partie de Tannée des pâturages et un abri au menu bétail , nourrissoient de leurs glands le porc sauvage qui formoit le principal aliment des armées et de la population (3) ; elles foumissoient de plus une grande

(i) Strab. V, p. i58 ; Yarro , A. A. II, i. Les marais sulfureux de Rëate donnoient aux ongles des bétes de somme une dureté particulière » et les rendoient par là extrêmement précieuses (Plin. VIII, 4^ > Gicer. ap. eumdem , XXXI , 2 ). Yarron ( /. ^0 assure que , de son temps, un âne de Rëate fut vendu à Rome 70 mille sesterces, et un attelage à quatre, 400,000.

(a) Strab. lY, p. 140.

(3) Poljbc ( II , 17 ; Xn , 1 ) et Strabon ( Y, p. i5i ) font mention de la grande quantité de porcs qui étoient nourris dans la haute Italie et en Toscane. Les plus gtos yenoient particulièrement des forêts de la Lucauie , d'oU l'on continua de tirer une grande abondance de lard jusqu'ani temps Âe Constance et de Constant. Yoj. Tauteur anonyme de Toarrage intitulé , Expositio totius mundi, p. 265 , éd. Gronoy .

l3a PREMIÈRE PARTIE*

quantité de bois propres aux constructions civiles, militaires et navales , particulièrement les chênes, les sapins ^ les pins, et d'autres espèces de haute tige, qui croissent naturellement dans nos contrées (i). Ces forêts ont été successivement détruites dans les lieux montueux, au grave préjudice des p&turages et de la plaine : osons dire que , si de notre temps on a substitué aux premiers des moyens de subsistance plus agréables et plus variés , ces moyens sont aussi plus dispendieux et plus précaires. Alors , tous les produits de la terre étoient abondans ; on se procurait facilement et à peu de frais toutes les choses nécessaires à la vie ; même après la seconde guerre punique , le prix de la plupart des denrées n avoit pris, en Italie aucun accrœssement (2).

r. (i) Parmi celles-ci, selon Vitrave (II, 9 ) , étoient le mêlëse , le pin sauvage , le picéa , appartenant à la nombreuse £unille des pins (Pline, XVI, 10, et ailleurs). Sur les espèces indigènes qu'on trouve dans la Toscane. Yoy. SeLvi^Trattato dcgli alberi, etc. , tom.1, pag. i5o et suiv.

(2) Au temps de Paljbe (II, 16 ), le yojageur dans la haute Italie étoit nourri dans les hôtelleries, sans faire |trix , pour un demi-as. On peut voir dans Pline ( KVllI , 3 ) d'autres particularités sur ie bas prix des vivras dans les temps anciens.

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