CHAPITRE XXV
^rt de la Gueme.
Jusqu'à ce que l'Italie eut acquis une certaine stabilité politique ^ au milieu des fréquentes émigrations de ses différens peuples , au milieu deleursdéplacemenscontinuelsy nous n'apercevons guère^ dans leur manière de combattre, que cette férocité désordonnée qui caractérise toutes les peuplades de pasteurs. Mais cette population étant devenue permanente par l'introduction de l'agriciïlture , l'art de la gueii*e reçut une organisation conforme à ses nouveaux besoins , à ses habitudes civiles. Dès ce moment^ la nation ne combattit plus en corps ; les armes ne furent portées que par des bras d'élite ^ bien que la durée des expéditions fut bornée à ces courts intervalles pendant lesquels l'agriculteur se repose sur la nature du soin de sa moisson. De petites républiques ne pouvoient maintenir sûrement leur commune indépendance qu'à force de valeur ; le besoin de défendre avec leur liberté ce qu'ils avoient de plus précieux et de plus chçr ^
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fit des Italiens un peuple de soldats. Tous furent également adonnés à l'exercice des armes , parce qu'ils avoient tous le même intérêt à maintenir leurs droits civils , et à consolider leur existence politique. Les £aitigues de la guerre ne repu* gnoient à aucun citoyen , parce que tous étoient passionnés pour l#gloire ; aussi personne ne se dispensoit du service militaire , et l'on en supportoit la dépense de bon cœur. Les armées les plus nombreuses ne coûtoient rien à l'État, parce que le saLdat-laboureur n'étoit exposé à aucun dommage par de courtes absences : souvent même il y trouroit son profit , a raison du par* tage égal du bntin. Telle fat la manière de faire la guerre dans l'antique Italie ; la même pratique fut suivie dans la Grèce jusqu'à la guerre du Péloponnèse. Il est connu que ce fut au siège de Véies que les Romains assignèrent pour la première fois une paie aux troupes qu'ils vouloient retenir sous les drapeaux ; mais ce (ait impor* tant , qui eut une si grande influence sur la fixa* tion des destinées de la république , ne fut pro^ bablement que «l'imitation de quelque exemple antérieur. Les grands succès militaires qu'eurent les Étrusques avant la fondation de Rome, nous portent a croire qu'une partie de leur milice , occupée sans cesse à combattre , avoit dû nécessairement être convertie en armée permanente