CHAPITRE XXTI
étendue. La ville de Rhodes montroit^ comme un monument de ses triomphes, les rostres de fer conquis sur les pirates tyrrhéniens (i). Plus heureux sur la mer de Sicile (a), sur celle d'Ionie et sur la mer Egée, ces aventuriers y portèrent souvent Vépouvapte (^) , et enlevèrent à Samos le simulacre de Junon (4), honorée comme protectrice et gardienne de cette Ue si renommée pour sa fertilité (5). D'une
(i) Voy. Tom. I , ch. X , page i3o.
(2) Âristid. Oral, Rhodiac. Vol. 1 , p. 54o , éd. lebb.
(3) Epbor. ap, Strab. VI , p. i84- Ces tjrftns cruels qui in festoient la mer de Crète (Strab. X, page 3^8), étoient , selon Topinion de Meursius , des Tyrrhéniens ( CretAWy 5.). Tffffnfi ti^fMi ^ lacs tjrrhéniens , ëtoient une espèce de proverbe qui dësignoit une dure servitude. Hesycb. ad. h. v,
(4) Menodot. Samius, ap. Âtben. XV, 4* ^^ statue de la déesse étoit l'ouvrage de Sniilis, sculpteur d'Égine, contemporain de Dédale (Pausan. VII, 4}* ^^ ^® ^^ miracles vantés étoit que les Tyrrhéniens ne purent jamais faire voile, qu'ils n'eussent reporté à terre et rétabli l'image qu'ils avoient enlevée de son sanctuaire. Verres ne craignit pas d'essuyer le même sort , lorsqu'en rêve* nant d'Asie, il dépouilla ce temple fameux de ses plus nobles ornements (Cicer. in Ferrent, I, 19),
(5) Strab. XIV, pag. 438. On voit les ruines du temple, près du cap Cora , <]istant d'environ un demi-mille de la mer 5 Tournefort» Vf^age du Levant » tOm. II ,
l68 ' PREMIÈRE partie;
autre part, Hérodote nous apprend (i) qu'i l'époque de la prise de M ilet , qui se rendît aux Perses 494 ^^s avant 1ère vulgaire, les navires de charge toscans Irafiquoient dans ces mers, et sur les côtes de Phénîcîe et d'Egypte, en concurrence avec les Carthaginois , auicquels les Tyrrhéniens s'étoient alliés par des traités réciproques de coromerce, de sûreté individuelle et de secours militaires (2). C'estjwurquoî , rivalisant avec eux par leur commerce et leur puissance navale , dès les temps immédiatement antérieurs à Tépoque de la monarchie des Perses , les navigateurs étrusques communiquoîent avec tous les peuples, dont l'industrie s'étoit approprie le commerce de la mer intérieure, siège principal de là navigation des anciens. Tyr, et les autres cités de la Phénîcie, entretenoîent la cor- ^respondance régulière entre l'Orient et l'Occident. Les républiques de la Grèce, et en particulier Corinthe, et Athènes avec ses colonies» s'attribuoient le commerce de la mer Egée et de la mer Noire. Les puissantes républiques de Carthage et de Cyrène florissoient, aussi biea
•ta
pag 120-126; Ghoîseul-Gouffier, p^oyage pittoresque de la Grèce, tom. I , pag. loo.
(i) L. VI. 17.
(a) Arislot. de Republ, III , 6.