‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 210 sur 283 · CHAPITRE Xm · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xm

que les Grecs , dans la Sicile et Tltalie méridionale. Les Latins , les Volsques , les Liguriens, les Campaniens, fréquentoient les lies tjrrhéniennes y et les ports de l'Afrique^, et communiquoient aussi avec la Gaule et l'Espagne. Mais, entre tous les peuples mariUmes de ritalie, rindustrie navale des Étrusques seule prévaloit dans la Méditerranée, malgré la constante jalousie des Carthaginois (i)«

L'Océan étoit pour ]es anciens plutôt un objet de terreur que de curiosité. Les navigateurs phéniciens furent les seuls peuples qui osèrent^ les premiers , franchir les colonnes d'Hercule , l'antique limite de la navigation et du monde connu, pour aller explorer les côtes occidentales de l'Espagne et de l'Afrique. Leur exemple fut imité par les Carthaginois, qui parvinrent, favorisés par les vents , à une lie vaste et délicieuse de la mer Atlantique, où bientôt les pilotes d'Etrurie , bravant le danger et les fatigues de l'entreprise , tentèrent de conduire une colonie , bien qu'arrêtés par l'opposition de ces compétiteurs jaloux , sans cesse occupés à dérober aux autres nations la voie du commerce exclusif qu'ils

(1) M«tfr/s«7f ^vfMfttTif irjcivumç , «^ «-«AAy ^ Zp«*^f B-hXmtt rûKfmriwnrrtt, dit, en parlant des Étrusques , Diodore , V, 40. jiidd. Strab. V, pag. i53.

fJO PREMléRK PARTIE.

s'étoient formé (i). Moitis contrariés dans les parages de leur propre mer , ils conduisirent plusieurs colonies en Sardaigne , en Corse , et dans les petites lies, oii il parolt que leurs établissements furent à la fois commerciaux et militaires. Les Etrusques d'Adria et ceux du Picenum ne retirèrent pas de moindres avantages de leur commerce prédominant dans FAdriatique, et du trafic continuel qu'ils faisoient avec rillyrie et les habitants de la côte (n). Les richesses que procuroit aux Toscans un négoce assuré sur une si graude étendue de mers , entretinrent constamment cette activité navale; et , jusqu'au cinquième siècle de Rome, émules tantôt des Grecs , tantôt des Syracusains , ils trouvèrent, dans leur flotte entreprenante, une source toujours ouverte de puissance et de gloire. Les Toscans signalèrent aussi leur zèle et leur talent pour lart nautique par plusieurs inventions importantes; ce furent eux qui adaptèrent

(i) Diodor. V, 19, 20. Voyez, relativement à cette île inconnue, placée vis-à-vis de TAfriqne, les notej de We$seling sur le texte de Diodore. Mais an reste nous acquiesçons pleinement à l'opinion de M. Gossellin , que c'étoitTune des Canaries l^s plus proches du continent , comme Fortaventura ou Lanceroto (Rech, sur lu Géogr. System, des anciens, tom. l , pag. i45).

(2) Voyez tom. f , ch. X, pag. i3i , i32.

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