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et par un certain goût pour le merveilleux my* tiiologique , qu'ils se formèrent d après les récits des Grecs. Us se complurent beaucoup dans ridée de pouvoir ennoblir une origine obscure et méprisée , en se disant issus des héros : des^ cendance qui les constituoit un peuple privilégié parmi tous les autres peuples de lltalie. Leur imaginatioa donna un assentiment facile à ces nouveautés fabuleuses , dont Fenchantement; subjugua l'emrît des Romains. Fabius, premier historien du Latium , qui fiorissoit au temps de la seconde guerre Punique , ayoit suivi , en placeurs endroits relatifs à la naissance de Romulus et à la fondation de Rome , ces contes surprenants , publiés pour la première fois en Grèce par Dioclès de Péparètbe (i). Dans Tétat ac|:uèl de sa grandeur, le peuple Romain pou voit ne pas dédaigner de prêter l'oreille à ces récits merveilleux , qui exaltoiei^t sa gloire et propageoient sa renommée. Pour se faire lire et se rendre agréables, les annalistes entretinrent cette vanité; et, sans avoir égard désormais aux traditions nationales trop simples et trop nues ,
(i) PloUrch. in RomuL On doit regarder comme une ficUon de ce Grec extravagant le songe d'Énëe, raconté sëneQ5ejiient par Fabius , et dont Cicéron a plaisanté si agréablement. De Divin, 1,21.
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ils accoutumèrent les esprits à des opinions singulières et nouvelles : faiblesse commune à tous les peuples dans l'enfance des connoissances his^ toriques. Tous les fragments qui nous restent de ces anciens historiens de Rome y dont quelques-uns même eurent la £sintaisie d emprunter i'idiome grec (i), sont une preuve certaine de leur attention à suivre les récits étrangers en mêlant aux fables grecques des faits et des noms romains ^ au point que Denys ne opaint pas d'af-^ firmer que leurs écrits étoient entièrement conformes à ceux des Grecs (2). Que dirons-^nous de plus ? Les Muses de Galabre (3) vinrent aussi
(i) Sur la foi de Cicéron ( de Divin, I, 21 ) , on pour<roit croire que Fabius Pictor écrivit ses Annales en grec , compie firent indubitablement Cincius Alimentus , C. Àcilius, P. Corn, Scipion rAfricain , fils du grand Scipion , A Posthumius Albin us , C. Julius , Cn. Aufîdius^ et quelques autres , qui fleurirent dans le septième siècle de Rome,
On peut voir les fragments des anciens historiens latins recueillis par Corzio. — » ( Voy. Éclaire. n.XH. )
(3) Calabrœ Piérides, Horat. IV, od, 8 , 20. Voy. les fragments des Annales d'Ennius (éd. Hessel: ), Naevius , dans son poëme historique sur la première guerre Pu-* nique , débita les mêmes fables. En voici nn exemple: ProcAj-ffl (aujourd'hui Procida ) , hanc Nœvius , in pri^ mo Belli Punici de cognatd AEneœ nomen accepiss^
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joindre leurs séduisantes leçons aux premières compositions des historiens , et leur enseign»* rent Tart d'orner et d'embellir leurs récits. Porcins Caton, ainsi que le raconte Plutarque (i), ayoit enrichi son célèbre ouvrage sur les Ori-gines y dopinionsy d'exemples et d'histoires prises des livres grecs ; c'est ce qu'indubitablement fit aussi Varron ^ ce Yarron réputé le plus savant des Romains^ ti dont les fragments suiSisent pour attester que l'érudition qui, de son temps f commençoit à être en vogue parmi ses compatriotes , n'étoit enôore qu'une imitation , sans critique, de la littérature grecque. Ces exemples accrédités. ouvrirent aux Romains le trésor inépuisable de la mythologie classique , de la fietion et de Vallégorie : enfin , grice au sèle téméraire avec lequel les antiquaires s'efforcèrent de tout expliquer à l'aide des documents de la Grèce, les origines et les Êiits particuliers à Fltalie furent transformés en nouvelles amusantes , et son histoire primitive en un poëme sérieux (2). De leur côté, les grammairiens qui
dicii. Servius , ad AEneid. IX , 715. Les Annales de Fa^ bios , deLutatia« , d'Aciliua , de Pîson et de plusieurs autres répetoieiit les mêmes niaiseries. Voj. Aurel. Victor, origo gent, Rom. passim ; Cosconius ^ ap. Solin. 7.
{t) JnCato major.
(2) l^s traditions fabuleuses qui circuloient sur U
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ne se distinguoient point alors des ërudits^ ne cessèrent d'étendre ^ par d'ineptes élym<Ao ff.es ^ noo- seulement la similitude des choses, mais celle des mots; si bien qu'il devint d'un usage commun d'expliquer les antiquités ' latines par celles de la Grèce (i). La raison , torturée par l'esprit de système , trouToit continuellement dans ces faits l'interprétation des mois, et dans les mots la preuve des faits. Ainsi, sans beau<^ coup s'inquiéter de la vérité ou de la vraisem-» blance, l'orgueil national s'applaudissoit de pourvoir égaler la noblesse de son origine à celle des peuples les plus illustres , et d'avoir appris des Grecs a appeler Barbare tout ce qui n'étoit pas Romain (a).
De toutes les sciences, celle cpe les Anciens connurent le moins, et qu'ils apprirent le plus tard à perfectionner , est sans contredit l'art de distinguer le vraisemblable de l'invraisemblable,
fondation , sur les rites religieux , et jusque sur le nom de Ronie , étoient , pour la plupart , fondées sur des fictions poétiques des Grecs , comme on le voit ckiiremeAt dans Festus, m Romam, dans Plutarque, Deoys et d'autres.
(i) Voyez l'excellenle dissertât. IV de Heytie. sur le ^vre VII de i'Énéid», p. i32'seq.
(2) Voy. Plant, in Capiw. 4» ^»v. ioi->io4;Tiber. Gracchus ap, Ciceron. de Natura deor. II. 4* — (Voyez Éclaire, n. XllI. )