‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 212 sur 283 · CHAPITRE XX YI. lyS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX YI. lyS

ment avoient conduit long-temps auparavant , sur les cotes orientales de TEspagne , une colonie qui f conjointement avec les insulaires de Zante , fonda la célèbre ville de Sagonte et lui donna son nom (i) ; preuve très certaine que le corn-merce et les longs voyages de mer , qui ne peuvent se soutenir sans beaucoup d'énergie de caractère et d'industrie 9 s'étendoient dès-lors k tous les pays situées autour de la Méditerranée (a). Du côté de l'Adriatique^ les Frentanes, possesseurs d'une riche contrée maritime^ pourvue de ports commodes à Aternum, Or* tone f Bocai et aux embouchures du Trigno et

(i) Liv. XXI, 7 ;Siliu«, I, 377-379; H, 6o3.

(2} L'homonymie de plusieurs lieux de la côte d'Ibérie, et de celle d'Étrurie, a éié un indice suffisant pour £aire admettre , par quelques savants modernes, le passage fréquent de colonies , d'un rivage à l'autre ; mais un tel argument nous semble trop conjectural pour pouvoir fonder une preuve historique. Voy. Margarini , Hispan. illustr, scnptoreê, tom. I, pag. 23; Hervas, Catalogo délie lingue , capAV f 6 ; et plus au long, M. Petit-Radel, dans quatre mémoires. Les doutes d'un savant philologue, M. G. de Humbolt, qui s*abstient , comme nous , de tirer de la ressemblance des noms aucune conséquence pour l'histoire, nous paroissent être d'un plus grand poids. Voy. Prûfung der Untersuchungen , etc. , ou Examen des Recherches sur les premiers habitants de l'Espagne | pag. 1 1 1 , 169, Berlin , 18a i. — Voy. Éclaire, n. XVI.

du Fortore , faisoient avec TlUy rie et FÉpire un commerce régulier, qui ouvroit à la natioa samnite de nouvelles sources de richesses ( 1 ). Ce commerce lucratif consistoit en matières premières, ou manufacturées y que Ton échaogeoit contre des objets de luxe ou de nécessité. Les Li* guriens exportoient d'un pays stérile des boîs de construction d'une rare grosseur, du miel, de la résine, des pelleteries, des étoffes de laine, etc. ; ils recevoient en échange du vin , de l'huile , et d autres produits dont ils nianquoient (a), en tenant, pour ce trafic , leurs foires en commun à Gènes (3). Le gros bois de construction qui croissoit vers la côte de la mer inférieure (4) 9 et que recherchoîent les étrangers (5) , le fer de lïle

(1) Voy. tom. I , pag. 209 ,210. Romanelli , Topogr. delR, di Nap. tom. III, pag. 11 seq. Selon Dioscoride, les habitants du pays faisoient , par la voie de rÂd.natique, un commerce fréquent des vins renommes de Pretuzis.

(2) Strab. IV, p. 140.

(3) Strab. V, pag. 146.

(4) Les arbres forestiersdelacôtetyrrhénienneeioient préférés à ceux qui croissoient vers l'Adriatique ( PHd. XVI , 39.). Vitruve en indique la cause ( II, lo).

(5) Thucyd. VI, 90; Strab. IV, p. Uo; V, p. 164 j Theophr. Hisior, plant, V, 9 ; Leonid. in libro de Italie, ap, TzeXz.ad Lycophr. 750 } Plin. XVI , lo, Add. Ezech. 27,6, vulgat. interp.

CHAPITRB XX YI. 177

d'Elbe qui se transportoit a Populonia (i) , pour être rendu malléable , ce qui se pratique encore aujourd'hui (a)yétoient pour les Toscans un objet considérable de négoce (3). Les Vénètes (4)f les Samnites (5) , et autres peuples de la Basse-Italie qui avoient de nombreux troupeaux , commerçoient particulièrement sur les laines qu'ils savoient convertir en étoffes et en tapis. Tous les peuples qui (réquentoient la mer trouvoient une grande facilité pour l'échange de leurs marchandises dans des comptoirs et des entrepots établis

(i) Auct. de Mirab. p. ii58;Strab. V, pag. i55; Varr. ap. Serv. ad AEneid. X, 174.

(2) PI asieurs autres genres d'industrie se sont conservés sans ou presque sans altération , tels que TextractioD du sel de l'eau de mer à Vada , et la pèche abondante du thon , qui se faisoit , comme aujourd'hui , dans le canal situe entre Populonia et l'Elbe. Strab. V» p. i54y iâ6 ; Rutil. Itin, 1 , 47S scq-

(3) Diodor.V, i3.

(4) Padoue en particulier, et Vérone faisoient un commercé très-considérable de draps , de couvertures et de tapis fabriqués avec ses propres laines ( Strab. y, p. 147, i5i ). Martial (XIV, Epigr. 143 , iSa ) vante la solidité de ces draps ) si fortement tissus, qu'on pouvoit à peine les couper avec les ciseaux. Cette industrie y fleurit particulièrement après le dixième siècle , et elle s'y maintient encore aujourd'hui avec quelque éclat.

(5) liv. VIII , 36.

Page 1