CHAPITRE XXVI. I«q
quelle espèce, de quelle qualité' d'impôts il étoît chargé ; mais les besoins bortoés de l'État permettent de croire qu'ils ëtoient très-mode'rés dans ces temps heureux où l'industrie n'ëtoit enchaînée par aucune loi prohibitive. Ainsi, partout la liberté, la fecilité de la circulation augmentoient le bien-être des particuliers et la richesse nationale ç qui n'est au fond que le produit combiné ée l'agriculture, des manufactures 6t du commerce.
Cest un grand avantage pour un peuple qui se livre à la navigation, de trouver sur son propre sol les matériaux nécessaires à la construction et à l'armeiftent des vaisseaux. Les forêts les mines , les champs de l'Italie fournissoient en abondance du bois, du fer, de la résine, enfin toutes les matières qu'exige une construction aussi compliquée que celle d'un navire (i); moins une nation est dépendante des autr^ nations pour tout ce qui concerne la satis&ction de ses besoins, plus il lui devient aisé d'obtenir de la gloire et de la prépondérance. Reprenons donc de la confiance dans nos propres moyens. La nature qui se plut à répandre tous ses dons sur
(0 ^os ^ra, manus, navalia demus.
ViRG. XI, Sag.
•Ws sont les termes d'une noble offrande , que le poète met danj la bonche de Latinus.
l8o PREMIÀRE PARTIE.
cette terre antique, ne l'a pas abandonnée ; elle nous offre encore les mêmes avantages, il ne nous reste qu'à en faire un. utile et honorable emploi.
Les échanges s'effectuoient primitivement en nature ; mais la multiplicité des matières et des opérations commerciales, fit bientôt sentir la nécessité d'introduire dans le commerce un signe représentatif qui fut universel. Le bétail étoit la richesse principale des peuples pasteurs ; aussi devint-il la règle et la mesure du prix des autres objets , et nous voyons même , après l'iatroduction des arts dans la société, exprimer les valeurs par un nombre plus ou moins grand de têtes d animaux (i). Toutefois, les besoins de la vie civile se multipliant de mille manières.
(i) Glaucus , dit Homère {Iliad.iVl^ a36) , échangea
ses armes d'or contre celles de cm'vre de Diomëde y ûls
de Tydée : les premières étoient de la valeur de cent
bœu&, celles-ci de neuf. Le trépied , prix de la lutte aux
funérailles de Patrocle , fut estimé douze bœufe ; la belle
esclave , pour le deuxième prix , seulement quatre bœui&
( Id. XXIII , 702 j. Vers Tépoque de la fondation de
Borne, la maison de Polydore , roi de Sparte, fut vendue
pour un nombre déterminé de bœu6 (Pau^an. III, 12).
De même les premiers Romains , qui n'emplojoient point
les métaux, se servoient du bétail pour la mesure d«
autres denrées.