CHAPITRE XXYII
bares. Un penchant naturel à l'imitation ^ la force du sentiment , le mystérieux instinct du goût, poussèrent partout la main grossière encore, mais docile, de l'homme à tenter quelques essais dans les arts. Ce furent surtout les progrès de la société, les institutions politiques, la situation , le caractère des peupfes qui en avancèrent les progrès ; leur marche fut plus lente dans les régions moins fayorisées. Ces diiférences , qui tiennent essentiellement à l'histoire de Fesprit humain , sont particulièrement dignes de l'attention d'un siècle philosophe comme le nôtre. Voici donc le résultat de nos recherches sur les arts de l'ancienne Italie, et le tableau somm^re de ses titres en ce genre.
L'habileté des Toscans dans l'architecture nous conduit naturellement à découvrir les premières traces de leur savoir dans les arts d'imitation. D'après ces imposantes constructions qu'on voit encore debout, on peut conclure hardiment qu'ils surent donner de la solidité , et un aspect
frappant et majestueux à leurs édifices publics ( i ) .
(i) Les anciens Toscans imprimaient .un caractère de grandeur à tout ce qui sortait de leurs mains* Barthélémy, Œuvres diverses, T. II, p. 187. Tout ce qui est sorti de leurs mains a un caractère original, quon ne saurait confondre avec aucun autre. QaylvLS j Recueil iFantiq, Tom. I , part, a , pag. 80.
igO PREMIÈRE PARTIE.
Les mines de plusieurs villes étrusques ^ le grand égout, le quai du Tibre , les substroctions do Capitule , exécutés, sans nul doute, par des architectes toscans (i), prouvent assez quelle étoit la force ain^i que la durée de leurs monuments ; ils employoient ordinairement des pierres carrées d'une dimension prodigieuse ; ils les asseyoient l'une sur lautre sans le secours d'aucun ciment , et c'est en cela que consiste le véritable caractère des constructions étrusques. On remarque dans la ville de Yolterra (2), une porte d*une magnifique arcade par&itement circulaire. On admire également les cintres a trois rangs de pierres, des voûtes du grand doaque ('^) , et de ce bel édifice qui se trouve près de Pérouse (4). Si de pareils travaux , où brillent éminemment les qualités importantes et capi^
(1) Voy. Barthélémy, Mém. de Fj^cad. des Inscript, Tom. XX VIII, p. 58a.
(2) Voy. les MonumenU , PI. VII , Vllï.
(3) Piranesi , Magnifie, di Roma, PI. II , III, p. 44.
(4) Cet édifice, d'une construction singulière , est béti de grands quartiers de traversin , et a seiae preds de longueur, sur dix de large, et auUnt de hauteur: on l'appelle vulgairement la tour de> S.^Manno. Sur le càti gauche on voit gravée en grandes lettres une inscription étrusque. Voy. Mus. etrusc. Tom. IH , PI. 5 ; MaSei , Osserv. litter. Tom. V, p. 3o2.