CHAPITRE XXYII
Yoit donc être Thabileté de ces artistes capables de fondre de telles statues et de dorer les métaux avec une si grande perfection (i)?
Tant de preuves de la supériorité des Toscans dans les arts du dessin , devroient peut-être lever les incertitudes sur les auteurs de certaines peintures antérieures à Rome , qui , au tenips de Pline , ornoient les murs de plusieurs temples d'Ardée (2) , et qui brilloient même d'éclat et
^i) Sur l'art de dorer chez les anciens , Voy. Bonarotti, Medaglioni , p. Syo-Syi.
(2) L. XKXV, 3. Pline ayant nommé dans un autre endroit (XXXV, 10) Marcus Ludius Helotas , iËtolien , comme auteur des peintures qui se voyoient dans le temple de Junon , à Ardée, quelques érudits n'ont pas manqué de s'écrier là-dessus , que les anciennes peintures des temples d'Ardée étoient des ouvrages grecs. Tiraboschi {Sloria délia lelteratura italiana I,part. I, 10-12) a défendu par plusieurs arguments la gloire de l'Italie sur ce point, mais il a omis le plus décisif. 1^. Dans le passage en question , Pline traitant des ouvrages de peinture antérieurs à la fondation de Rome , &it mention de ceux qui décoroient non pas un seul , mais plusieurs temples d'Ardée : Jn asdibus sacris. 2^. Les peintures de Marcus Ludius clairement distinguées des premières, sont mentionnées à part, et comme accompagnées d'une épigraphe en anciens caractères latins. Pourquoi donc voudroit^on confondre ensemble tonte» ces peintures 7 Les secondes ne pouvoient-elles n. 14
UIO PREMIÈRE P4RTIE.
de fraîcheur. Elles pourroieat de même éclairer sur les auteurs d'autres peintures d'un temple ruiné de Lanuvium, qui représentoient Hélène et Atalante. L'historien naturaliste se servoît de ces exemples pour montrer combien YsCvl de peindre étoit ancien et avancé dans l'Italie ; et, pour mieux le prouver, il citoit les peintures de Géré, ville étrusque, qui étoient d'un âge encore plus reculé (i), et qu'alors chacun pou voit voir de ses propres yeux. Accordons que ces ouvrages plus estimables pour la couleur que pour le dessm, fussent dans le genre de ceux de Giotto ou de Simon de Sienne (a) , il y a plu-
pas être moins anciennes que les autces, et de Tepoqne oh les arts de la Grèce avoient dëjè pénétré en Italie ? Quintilien ne parle-t*il pas de peintures du cinquième ou du siiième siècle de Rome , dont le sujet étoit tiré des fables grecques , et qui portoient , comme celles du temple dr Junon à Ârdée ^ des inscriptions en latin ancien? (i) Durant et Cœre , antiquiores et ipsœ, (2} J*ai reconnu à peu près le même style dans les fragments de peintures d'une grotte près de Corneto. On y voit représenté un repas funèbre; les figures sont de grandeur naturelle , et , de même que le costume et les accessoires, dans la manière vraiment étrusque. La fraî« cbeur et la vivacité de colons qui se faisoit encore remarquer Sans ce morceau , au mois de mai 1809 , donne beaucoup de poids à l'assertion de Pline. D'après un fragment d'ouvrage en argile , trouvé à Ardée , on est