CHAPITRE XXVII. 2 1 I
sieurs raisons de croire qu'à cette époque la Grèce étoit hors d'état dy opposer aucun monument de peinturQ d'un mérite égal. On sait qu'Homère ne fit jamais mention de cet art enchanteur^ et que Bularchus^ premier peintre cité par Pline , fleurit seulement au temps de Romulus (i). L'art de peindre qui fut, comme on peut le croire , inventé long-temps après la sculpture , n'avoit alors fait aucun progrès dans la Grèce propre , pas même àCorinthe; à peine peut'pn dire qu'il fut dégrossi dans la Grèce asiatique (2). Au contraire y l'on peut juger de l'habileté des Toscans dans cet art , et par les tombeaux de famille de Tarquinia^ et par tant de dessins y de peintures anciennes qui couvrent les murs; toutes ces productions remarquables par la vérité et la vivacité de l'invention, de la couleur^ des attitudes^ sans être d'une exécution parfaite^ prouvent du moins une grande facilité et fermeté de pinceau. On y trouve des combats funéraires , des biges , des génies ailés et d'autres
aatonsë à croire qu'un style coDiorme au goût étrusque dominoit dan» l'école de Sienne* Voyez PI. XX , 2.
(0 Voy. Requeoo , Saggi detV antica arte de' Greci e Romani piUori, c. 3.
(a) Voy. Meiners, Histoire des Sciences et des Arts de la Grèce, L. I. — Mém, de VAcad, de€ Inscript, tom. XXV, pag. 267.
.^j^ PREMIÈRE PARTIE.
figures symboliques relatives à la doctrine des Étrusques sur l'état des âmes après la mort (i). L étude des beaux arts , qui florîssoit lavec un tel avanUge en Étrurie , se répandit pareillement dans les provinces soumises à sa paisible autorité. Les monuments plastiques des Volsques, peints de couleurs différentes, où Ton voit le chariot, la chaire curule, les faisceaux et autres représentions qui rappellent les mœurs et les usages de Htalie antique, ne sont qu'une foible imitation du véritable style toscan , où brillent la vérité et la simplidté de Vexpression (2). Si Tony réfléchit bien, le style de ces terres cuites n'annonce pas la dégradation , mais l'enfance de l'art, qui dut se prolonger beaucoup chez certains peuples, avant d'y foire de notables
(i) Relativement aux peintures qui se" voient dans les souterrains de Corneto, consulte» les planches Lï , LU, LUI , avec les explications. Sur celles d'an autre sépulcre découvert à Chiusi, voy. Mus. étr, pi. VI. Les ocres de couleurs azurée , rougeâtre , jaune et noire, sont les plus visiblement employées dans ces peintures, f^qy^s^ un Mémoire d4 P. Humphrey Davy, concernant les Expériences et Observations sur les couleurs dont se sen^oient les Anciens dans la peinture , i8i5.
(2) Voy. Becchetti , Bassi rilievi Folsci ; D'Agincourt , Fragments en terre cuite , pag. la ; et ua échantillon de ce style , planche XX, 3.