‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 229 sur 283 · CHAPITRE XXVII* lÀHX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII* lÀHX

Tandis qae les artistes de l*£trurie traitoient dans leur propre style les. fables et les sujets étrangers, il et oit difficile que leur goût ne se perfectionnât point par degrés sur le modèle des Grecs , après s*étre déjà amélioré dans les colonies Italiques. On ne peut assigner aucune époque certaine à ce changement de l'art , à sa nouvelle période et à ses révolutions. Mais comme rÉcole toscane prévaloit seule à Rome , avant que celle-ci , surtout depuis la prise de Syracuse, eût accueilli dans son sein les arts de la Grèce (i), il parolt qu une vive émulation , s'emparant des artistes étrusques, fît germer et fleurir chez eux un nouveau style , dans lequel ils parurent presque égaler leurs rivaux. C'est dans ce sens que Winkelmajnn eut raison d'affirmer que si les arts de FÉtrurie ne durent pas leur origine aux Grecs , ils leur durent au moins leur avancement. Vérité dans le dessin , sage ordonnance dans les grouppes , justesse d'expression dans les figures, furent les caractères qui distinguèrent l'Ecole nouvelle de TEtrurie, même après la perte de sa liberté. Pour juger de la perfection dont brilloient alors les arts en Italie (2) , on n'a

(1 ) Ceterum indeprimum initium mirandî Grœcarum artium opéra. Tit Liv. XXVy 4^; Plutarch. in MarcelL

(2) Voy, les Monument» , PI. XXX , XLVI , XLVII ,

n'A PREMIERE PARTIE.

qu'à jeter un coup-d œil sur les monuments de cette époque ; on y recounoltra des proportions élégantes 9 le nu dessiné avec vérité, des mouvements naturels 9 un bon goût de draperies, et même une certaine recherche du beau idéal. C'est à cette période que l'on doit sûrement rapporter les productions étrusques qui se rapprochent le plus du style grec; mais il faut répéter avec Mafieï (i) que l'on ne sauroit se flatter de connoltre à fonds le goût et l'antiquité de 1 art étrusque, si l'on n'a pas vu Ja riche collection qu'offre le musée public de Volterre. Là , plusieurs centaines d'urnes sculptées (i) présentent quelquefois le même sujet traité de dix ou douze manières différentes , avec beaucoup de liberté et d'art; ce qui ne montre pad moins de facilité dans l'invention que d'habileté dans Téxécution ; et cependant il est probable que les sculpteurs qui e^posoient ces urnes ftméraires poyr les vendre, ne les avoieut pas travaillées avec un soin extrême. On peutdéjà néanmoins reconnoltre la décadence du bon goût sur quelques-uns de ces vases chargés d'inscriptions étrusques et latines qui paroissent du septième ou huitième siècle de Rome; de sorte qu'en supposant que cette dégradation ne

(i) Osscrvaz. Leiter.Tom, V, pag. 3i6.

(?.) Voy. Eclaircisscm, n. XXIII.

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fût pas soudaine, on pourroit conjecturer que la nouvelle école plus rapprochée du style grec fleurit dans le cours des deux siècles précédents (i). Il est curieux du reste d'observer comment les artistes, fidèles à se conformer au caractère d'une nation fastueuse, conservèrent toujours dans lehrs ouvrages le goût factice de la richesse, et même de la profusion des ornements (2).

Si donc les Etrusques surpassèrent tous les autres peuples d'Italie dans les arts du dessin , on ne doit pas croire pour cela que ceux-ci restèrent sans arts d'imitation et sans gloire , quoique la rareté des monuments ne nous permette pâs de leur rendre un honneur mérité. Que l'art ait pénétré jusque dans les régions montueuses du Samnium ^ et que le bon goût s'y soit maintenu jusqu'au septième siècle dé Rome , les monnoies de plusieurs cités avec des caractères osques en font foi , et particulièrement celles qui , frappées au temps de la guerre sociale (3),

(i) Voy. Éclaircissem, n. XXIV.

(2j Cette recherche vicieuse d'ornements se fait plus ou moins sentir dans tous les monuments étrusques. On voit aussi sur plusieurs urnes, et particulière ment sur des urnes de Volterre , une profusion de couleurs et de dorures dans les vêtements et les ornements des figures.

(3) Voy. PI. LVIII. Parmi les monnoies propres du

ne sont pas inférieures à celles du coin romain du même âge. Nulle autre contrée à cet égatrd ne se distingua plus que la Campanie, où les Etrusques aVoient conduit de fortes colonies avant la fondation <le Rome, et d où, par la voie des habitants de Cumes, regardés comme les plus anciens Italiotes , nous avons eu peut-èfre la première connoissance des arts de la Grèce. • Tant de belles monnoies des cités osques proprement dites, et ces vases de terre cuite que l'on fabriquoit dans la Campanie, et qui sont vulgairement appelés étrusques, prouvent que les arts avoient atteint dans ce pays un haut degré de perfectionnement. Sans refuser aux Italiotes le mérite supérieur d'avoir peint sur ces vases des scènes mythologiques et tragiques (i) dont on ne peut qu'admirer le dessin élégant et hardi, on a le droit d avancer que les Etrusques avoient du moins porté dans la Cam-

Samniuxn, nous rappelons en particulier celles desFrentanes, de Bovianum et d'Aquilonia, attribuées jusqu'ici à Acerenza dans la Fouille.

(i) On trouve souvent aussi de semblables vases dans la Grèce propre. Un de ces vases chargé de peintures et d'inscriptions, trouvé dans un tombeau prèsdeCorinthe, par le docte M. Dodwell , mérite d'être mentionné. Voj. Classical Tour trough Greece , bj Ed. Dodwell, Londres , 1819, tom. II, pag. ig6.

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