‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 235 sur 283 · CHAPITRE XXVIII. !l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII. !l

leur a voit acquise leur application à la théologie, aux belles-lettres, à la physique et à l'étude des phénomènes de la nature (i).

Tout mystérieux qu'il est, le voile qui couvre les doctrines étrusques , nous laisse néanmoins apercevoir les traces d'une institution fisimeuse qui a eu la plus grande influence sur le sort de rbumanitc; d'un collège d'hommes puissans , dépositaires exclusifs de toutes les connoissances^ humaines aussi-bien que de la religion. Au moyen de ce hardi système , le monde social fut divisé en deux classes distinctes, l'une faite pour enseigner, l'autre destinée à croire. L'adoption de ce système en Asie , dans Vlndostan , ea Egypte, et chez tous les peuples qui eurent entre eux quelques communications, sans en excepter les nations dispersées en Europe et en Asie, sous le n(yn de Celles (2), établit un échange d'idées morales , d'où il résulta une certaine égalité, un certain équilibre de savoir parmi les sages des diverses contrées. Il est vrai que plus Ton remonte vers l'antiquité, moins

(1) L. Vy 4<) * TftififUirtt rt imi ^vnêXêyUf Htvût^rÊif i^t

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(2) Pelloutier , i7»f. des Celtes, L. IV, 4 ; Rcynier, De r économie publique et rurale des Celtes , 1818.

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on trouve de differeoce établie eatre les emplois et les professions de la société ; de sorte que ponr tous les genres de besoins , on étoit forcé de recourir aux hommes qui, par leurs lumières, jouissoient de quelque supériorité. Jusqu a ce que I^ progrès de la civilisation eussent séparé et classé les fonctions et les diverses espèces d'occupations , on vit souvent la même personne ou une classe unique chargée* de l'administration de rÉtat , du soin de la religion , de la pratique de la médecine, et y réunir encore loffice d'historien et les talents du poète. La répugiiance naturelle qu'ont les hommes a reconnoitre dans un de leurs semblables quelque supériorité de génie ou de science, étoit fort heureusement adoucie par la croyance de l'interposition éè la divinité. De cette manière, la corporation sa« cerdotale fut l'unique déposit#ire des premières découvertes , que la voix des oracles et les ombres sacrées du mystère firent considérer comme autant de prodiges. Quelques familles, à la€^ veur des circonstances , s'attribuèrent le mérite de connoitre exclusivement tous ces secrets, et concentrèrent sur elles seules l'honneur, qui d'abord avoit été le domaine de leur caste enr tière. Les membres de cet ordre eurent constamment deux objets en vue , l'un d'accumuler à leur profit des connoissances nouvelles, l'autre

• d'emplojer utilement celles qu'ils possédoient déjà pour dominer avec adresse sur les esprits. Le grand but de toute corporation^ soit civile^ soit religieuse^ 'est le pouvoir; et un pouvoir, solidement établi sur la crédulité humaine, entraîne après lui toute autre sorte d'empire. Quel^ ques arts, quelques sciences se perfectionnèrent efTectivement entre leurs mains, bien que le ré* sultatde leurs continuelles recherches et de leurs expériences, formât un code secret dont la clefn'étoit confiée qu a ces docteurs qui a voient usurpé adroitement la fonction importante d'en* . doctriner leurs semblables : en sorte que ces mystères qu'ils se transmettoient , poiivoient subsister et périr avec leurs dépositaires , sans que jamais il fût donné aux nations d'en péné-* trer larlifice. Ainsi , soigneux de réserver pour eux seuls les trésors entiers des connoissances humaines , ils ne faisoient au peuple que les communications où ils trouvoient pour eux-mêmes quelque utilité ; et ils déguisoîent, sous l'ombre des figures et des allégories, des principes généraux que la multitude peut-être eût dédaignés dans leur majestueuse simplicité. Ce langage métaphorique, dont on s'étoit d'abord servi, fut . conservé comme un caractère distinctif de la science; et le vulgaire, toujours entraîné par

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soa imagination et par ses sens, ne pénétra point l'esprit caché sous ces symboles , et n'en retint que le sens littéral. Ainsi, la fbiUesse et la docilité de l'esprit hlimain laissèrent à cette caste sacerdotale les moyens de perpétuer, avec ses utiles maximes, la vénération dont elle étoit l'objet ; et les tranquilles initiés jouissoient avec indolence et avec orgueil de tous les charmes de leur influence héréditaire.

Chez les anciens, toutes les connoissances humaines avoient leur principe dans la théologie; on regardoit comme inutile que le vulgaire connut la vraie raison des choses , et pourtant on vouloit qu'il adoptât une croyance qui tint son esprit en repos : aussi l'on s'efforça d'établir sagement cette croyance simple , mais puissante , que tous les phénomènes de la nature découloient immédiatement des attributs de la Divinité. Cette manière de raisonner confondit les limites qui séparent les choses divines et les choses humaines ; toute science devint sacrée , parce que les fondements en étoient dans le ciel. Les ministres du sacerdoce , comblés de respects et d'honneurs^ étoient donc les vrais gardiens et . les interprètes de toute sagesse ; ils ne daignoient en faire part qu'à ceux que leur naissance ou leur fortune mettoit à même d'en profiter. Tite-

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