CHAPITRE XXYIII. a
qui leur étoit destiné (i) y bien que ces génies n'assistassent pas à la décision du sort des âmes par les juges infernaux y selon que l'enseignoit la mythologie mystique des Égyptiens (2), suivie en grande partie par les prêtres d'Étrurie. Couvrant ainsi Tidée d'une première cause sous le voile de leurs abstruses doctrines , ceux-ci
( I ) Vojez les Monuments , PI. XXVI , et les anciennes peintures de Tarquinie , PL LU 9 LUI ^ avec les explications. Voyez aussi le Mus. etrusc, PI. XX, XXIV du tome III , etc.
(2)* Marsbam {^Anon. Chron, ^^pr. pag. 2o5 seq. ) Voy. dans Platon , De Rep. X , sub Un. , la fable du béros Armenus , qui semble puisée daus la doctrine des Ég3rptiens , et peut servir à expliquer certaines peintures étrusques trouvées dans les tombeaux de Tarquînie, désignant le cbâtiment e( la torturé des coupables (Dempst. Etr. regaU PI. 88). Cette conformité de doctrine paroît plus clairement encore dans les peintures qui décorent quelques momies du cabinet impérial d'antiquités de Vienne , dont M. de Hammer donne l'explication dans sa savante dissertation , intitulée : la Dot^ trina deîV Erebo presso gli Egizi e i mi s ter i dhide , 18 f 8. On y remarque également les bons et les mauvais génies se disputant les âmes des défunts ; ces mêmes génies , qui sont censés accompagner l'homme dans le cours de la vie « paroissent être du sexe féminin , comme dans les Monuments étrusques. M. de Hammer observe de plus que les anciens récits orientaux les qualifient de filles de Dieu,
24o PREMIÈRE PARTIE.
considëroient leur Jupiter ^ Dieu suprême et ineffable (i) y comme formateur, conservateur et maître de Funivers , et lui donnoient îndifleremment les noms de destin , de providence , de nature et de monde , qui étoient autant d'expressions sommaires de leur axiome philosophique f que tout ce qu on voit est Dieu disséminé tout entier dans ses parties, et pouvant se soutenir par sa propre force (a). Ce système, qui sous diverses formes fut enseigné dans les écoles les plus anciennes et les plus célèbres, implique véritablement la nécessité du fatalisme , confond Dieu avec la matière , ne le distingue point de Tessence et de la nature des choses créées , et rentre par là même essentiellement dans la fameuse doctrine du principe d'émauation. Nous laisserons à d autres le soin de rechercher si les opinions des Toscans, sur la cause première des choses, a voient plus de rapport avec les principes des pythagoriciens qu avec ceux des stoïciens (3). Nous remarquerons seulement
(ï). Deum demogorgana eu jus nomen scircnon li^' cet , .... pftncipem et maximum Deum , ceterorum numinum ordinatorem, Placid. Lu ta t. ex Taget , ad Sut Theb, IV, 5i6.
(2) Senec. Quœst. nat, II , 45 : Ipse enim est quod vides, totus suis partibus inditus , et se sustinens vi sua.
(3) Cette vaine question a été vivement agitée par