CHAPITRE XXYIII
de temps déterminé dans la révolution de la grande année ; qu'enfin le passage de l'un de ces âges à un autre ordre de choses étoit toujours annoncé par quelque grand prodige (i). Plusieurs écrivains (2) ont cherché avec beaucoup de patience et de sagacité à déterminer la période de cette grande année toscane , qui devoit être l'époque immuable du parfait renouvellement de l'univers. Mais la mention accidentelle que les anciens en ont faite, ne fournit point les don-
(1) Plutarque a exposé toute celte doctrine des Étrusques, à propos d*un prodige arrivé du temps de Sjlla. Suidas (in SvAX^tr) dit à peu près la même chose que Plutarque; et Censorinus {De die nat. 17) a trouvé dans les rituels étrusques la mention de prodiges indiquant un renouvellement du monde , mention qui s'accorde pleinement avec l'eiposition de Plutarque.
(ji) Brucker , Lampredi et Fréret ont émis des opinions contraires sor la durée de la grande année des Étrus* ques. Le P. Canovai a traité de nouveau ce sujet , et d'une manière plus étendue ( Memor, di Cortona , tom. VIII , pag- 198, 287) ; et tout de nouveau encore , avec la même obscurité , le professeur Orioli ( Opuscoli letterari di Bologna , ann. 1818, tom. I, pag. Sog). C'est peut-être À la doctrine des Étrusques sur ce point, que Cicéron Eût allusion dans son Uorlensius , lorsqu'il dit que la grande année recommençoit tous les 1 2,964 ans , période au bout de laquelle tous les corps célestes revenoient à la même position. Voyez Auct. diaL décousis corrupt. eloq. 16 ) Serv. I, 269.
nées suffisantes pour cette recherche ; et peut-être ne doit-on pas attacher beaucoup d'importance à la solution d'un problème qui , bien qnè revêtu dès son origine d'un appareil de savoir astronomique (i) , ne peut, au fond, être regardé que comme la vaine et frivole spéculation d'un esprit téméraire.
L/étudede la philosophie naturelle , combinée avec la science des mœurs , donna lieu , chez les Étrusques, à une application vraiment utile, et devint le fondement d'une autorité qui fît tout plier devant ses dogmes irréfragables. On peut juger quelle fut la prudence de ces sages, en voyant au nom de Tagès, leur premier maître (2),
(i) On peut croire que cette période des Étrusques avoit beaucoup de conformité avec le cjcle oaniculaîre des Égyptiens, dit aussi la grande année ou Vannée de Dieu y. qui étoit une époque de renouvellement et d'abon^ dance. Marsham, Canon, Chron, j^gyj}t. pag. ^09; Bailly, Hist. de VAstron, anc. VI , 8 , pag. 164.
(2) Nousavons fait ailleurs mention des livres de philosophie attribués k cemystérieuic personnage. On trouve quelquefois les préceptes d e Ta gës( Tagetica prrecepta) cités en concurrence -avec les livres orphiques, trismégistiques , et d'autres du même genre qui ont passé k>ng-temps pour receler de hautes docfrines. Ce n'est donc pas sans raison que Placîdas Lutalius , judicieux commentatenr de Stace , et qui vivoit dans le sixiëinr siècle , associe le nom de Tagës à ceux de Py thagore et de