‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 242 sur 283 · CHAPITRE XXYIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXYIII

doute que du voisinage des Toscans y et de la conformité des connoissances de Numa avec les leurs; car on ne sauroit soutenir que le législateur sabin eût été endoctriné par Pythagore en personne (i).

Dépourvus de renseignements qui nous fassent connoltre avec quelque précision quel fut Tétat des sciences chez nos peuples » nous sommes obligés de garder , dans nos conjectures, une réserve eictréme; cependant Ion peut avancer sans téméritéqu'ils cultivèrent la médecine, ainsi que les autres arts subsidiaires qui ont pour but de soulager les infirmités humaines. A la vérité, Fart de guérir, considéré dans le principe comme une branche mystérieuse du culte , étoit confié aux seuls prêtres , et consistoit principalement dans les moyens dapaiser les dieux par des sacrifices, des conjurations , des pratiques super* stitieuses , à Teflicacité desquelles étoient attribuées toutes les cures heureuses. Les prêtres Marses , habiles maîtres d'enchantement , s aidoient de vers et de paroles magiques comme

enseignements symboliques des aruspices et des augures. ( Quœst. Rom. 72-75. )

(1) Cicéron , Tite-Livc, I, 7, et Denjs , II, Sg, ont démontré les contradictions qui résulteroient, dans la chronologie, de l'admission de cette hypothèse. Voyea Bayle , art. Pythagore , note B.

a56 PREMIÈRE PARTIE.

une partie essentielle de là piédeclne curative. Ils guërissoîent leurs blessures par leurs chants assoupissants et les herbes de leurs montagnes (i }. D'autres enchanteurs adix>its traitoient de la même manière les maladies ordinaires (2); mais, dans les cas de maladies plus graves et d'épidémies funestes, on apaisoit le ciel, chez les Étrusques, par des jeux scéniques (3) accompagnés d'offrandes qui étoient singulièrement agréées par leurs divinités médicales. Mais, tstndis que la crédulité du vulgaire et lancieçneté des usstges maintenoient en vigueur ces cérémonies mystiques , la classe plus habile des prêtres s^occupoit f de son côté , par les remèdes naturels et les observations répétées , des moyens d'avancer et d améliorer la science. C'est en vain que la nature eut enrichi le sol des Toscans de tant d'eaux thermales et de tant de plantes médicinales, s'ils ne se fussent pas appliques a en connoîlre les vertus , et à les employer au soulagement des maux de Thumanité. Une preuve

(i) Virg. Yli, 757; Silius, VHI, 497; Jul. Firmic.

vin,i.

(2) Le traitement par la magie étoit aussi pratiqué à Rome. Nous avons de Gaton un de ces vers par lesquels on eochantoit les luxations. De Re rusticd ,160. Add. Plin.XXVllI,a.

(3) Uv. YII , 2.

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