CHAPITRE rxviii. a
philosophiques , les Toscans cultivèrent encore les sciences après avoir perdu leur liberté polilique , et se distinguèrent dans les plus beaux siècles de la littérature latine. Parmi les savants remarquables de FÉtrurie » Ton comptoit , entre autres, Tutilius, Musonius, Aquila, Umbrîcius, Gecina, Fabricius (i), qui écrivirent sur la connoissance de la foudre , ou qui traitèrent d'autres sujets , dignes par leur profondeur de la méditation des sages ; tels furent aussi cet Attale, maître de Sénèque, qui, d après l'éloge de son disciple reconnoissant, sut réunir la solide instruction des Etrusques à la métaphysique subtile des Grecs (p).
La gravité des travaux philosophiques étoit tempérée par les exercices brillants de l'imagination f et parla culture des arts qui jettent tant de charme et d'agréments sur la vie. Le goût de l'harmonie , et le penchant de l'hommo pour
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•eq.) ; et pins nouTellement le docte Greneer, dans son ouvrage trët-estûné ( Sjrmholik und Mjrthologie der alier f^ôlker, tem. II , c. «^j pag. 4^3 seq. Leip»g y i8i i), ont renda un grand honunage à la culture et à Tindastrie du peuple étnuque.
(i) Voj. Pline , Table des écriyaias , Liv. I.
(2) jtttmlua noiter egrcgius vir, qui Eimscomm disciplinam grœca êuhlilitate miscuerai. Qaaest. nat* II, 5o.
a64 PREMIÈRE PARTIE.
rimitation, produisirent dans tous lespajsle langage expressif de la poésie. Des hymnes sacrés ou héroïques , des chansons pastorales furent les premiers essais des poètes naissants, dont les accords improvisés ne connoissoient encore ni contrainte ni lois (i). Cest dans ce genre qu'étoient sans doute les anciens vers des &unes et des devins 9 et d'autres vers non moins grossiers, connus sous le nom de Saturnins (2) : àpeiney distinguoit-on une certaine mesure et une sorte de cadence qui les rendoient propres à être chantes. Celte première espèce de poésie, toute rtitbmique , fruit de Fenthousiasme et de la passion, et nourrie d'images fortes et hardies , se conserva long-temps dans les cantiques religieux (3); ensuite un ingénieux artifice eut le pouvoir de resserrer, dans un mètre plus harmonieux, ces vers trop vaguement cadencés; doù résulta un
(i) Aristot. Poetic, I, 4«
(a) Festus, in Satumio; Serv. adGeorg. II , 3o5.
(3) On peut , avec beaucoup de vraisemblance « ranger parmi les vers saturnins ceux des hymnes Arvales et Saliens. C'est aussi dans ce même genre de vers qu'etoient conçues les épigraphes en usage sur les monuments élevés aux triomphateurs , les épifaphes, et d'autres inscriptions publiques. Voy. Manni ^ Fraielli Arvali, pag. 87 ; Maffei , Jslor, Dipïom. p. 187 ; Add. Ascon. Pedian. Comnu ined. in Orai. pro Archia, p. 62, ed.Majo^ 18 14- — Voyez les Èclaircissem. n. XXVI.