‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 250 sur 283 · CHAPITRE XXIX. ^J · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX. ^J

en abusant également de l'érudition , que Guarnacci (i) a déduit une opinion toute différente de la ressemblance des deux paléographies , c'est* à-dire que les Étrusques communiquèrent leur propre alphabet aux Grecs^ par l'entremise des PélasgeS'Tyrrhéniens* Cette opinion eut un assez grand nombre de partisans et de patrons , quoiqu'elle démontre évidemment la futilité de questions semblables (a). D'autres plus timides, ou plus fidèlement attachés aux citations des

l'usage de l'écriture fut apporté dans le Latium par let Pélasges. M. Victorinus attribue à Hercule l'introduction de l' Alphabet en Italie ; d'autres en font honneur à Évandre. Mais, dansce sentiment comme dans beaucoup d'autres relatifs à la langue, on voit que les Latins s'en rapportoient aux grammairiens grecs : Grœcorum verù qui de antiquis liueris scripserunt commeniaria ii item Latinorum qui illos sccuii sunU Yelius Longus y îa Putsch. Gramm, vet, p. 221 5.

(1) Orig. liai. XV.

(2) Hérodote ( 1 , 67) , parlant de l'ancienne langue des Pélasges, dit que, « de son temps, les habitants de Crestone, au-delà des Tyrrhéniens (t«I» »«ff TvffnfSf)^ parloient encore cette langue. Bien des gens ont cru ^ sur la foi de Denys d'Halicamasse , qu'Hérodote vouloit parler ici de Cortone en Toscane , et ont pris de là le texte des plus étranges conjectures. Mais il est certain que Crestone étoit une ville de la Thrace , oii habitèrent quelque temps les Pélasges-Tyrrhéniens. Conf. Wesseling,. 710/. sur Herodot. pag. 26 ; Mém. de tAcad. de9 Jntcript, tom. XXV, HisL pag. 28.

a8o PREBUERE PARTIE*

anciens 9 répètent chaque jour que les caractères de récriture furent apportés dans le Latium par Evandre, et par Damarate dans l'Etrurie (i). La respectable autorité de Tacite a tenu lieu de preuve pour quelques-uns ; mais qu'on ne s en laisse pas imposer par les noms ; rhisloîre de l'esprit humain a prouvé que les génies du premier ordre étoient sujets à Terreur (a) (a). Et ce grand historien , en particulier^ a été accusé pat* les critiques d'aimer trop à faire parade d'érudition , et d'expliquer quelquefois trop légèrement l'origine de beaucoup d'u&ages domestiques ou étrangers (3). Et comtnent , en effet , pourrolt-on admettre que l'Italie fut restée si long-temps privée de *la connoissanoe de l'écricriture, et que TÉtrurie, puissante, distinguée de toute manière par son industrie et son com-

(i) Tacit. Annal, XIV, 1 1 , etc.

(a) Voyez les belles réflexions de Mallebrancbe (iîecherche de la Vérité^ L. II , Part. II, cbap. 5; et spécialement le paragraphe II, intitulé: Raisons pour les' quelles on aime mieux suiyre rautorilé que défaire usage de son esprit,

(a) Et les génies da dernier ordre sontâls donc plus infiûIUbleft ? Qael rapport peovenl avoir, d'aillears, avec des faits et des témoignages bistoriqoes , les réflexions da P. Mal lebra nche ? Est-ce quand il s*agit d*hîstoire, qu*il vaat mienx/aire usage de son esprit , qne d« suin^re l autorité? R.-R.

(3) Rapin, Réflex. sur Vkist, la ; Hill , An essqjr upon Tacit, pag. Sp.

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