‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 257 sur 283 · CHAPITRE XXIX. agS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX. agS

l€6 moiodresparticularités du discours. La même chose eut lien par rapportaiTxautresdialectesvoisioS) et en particulier par rapport à Tosque (i) ; il falloit qu'il fût étroitement rapproché du latin ancien y puisque le peuple de Rome assistoit communément à la représentation de comédies osques (a). Les monuments dés langues primitives de^ritalie montrent plus clairement encore les traces de cette ressemblance. Des mots, des terminaisons, des tours employés par les Étrusques, les Ombriens et les Osques, sont les mêmes que dans Tancieii latin, ou fort peu différents. Combien ne doit-il pas y en avoir dont il est impossible de tracer la filiation ? Les tables eugubiennes , le fragment le plus .considérable

(i) Oscis verbis u$i suntveteres. Macrob. Sat, YI, 4* (2) On trouve dans Ennius plusieurs locutions empruntées de la langue osque. Un des caractères particuliers de cette langue consistoit dans le retranchement fréquent des syllfeibes ou des rojelles finales des mots; ce (jui étoît aussi usité dans le latin ancien , oii l'on disoit , volup,famul, gau, capital, diffUul, etc. pour volup^ ta$e,Jamulo, gaudio, capitale, dijjficultate. Au rapport d'Anlu-Gelle et de Quintilien , les lettrés de Rome évitoient de prononcer les finales dures en an, ont » um , aut y uni, etc. , si fréquentes dans leurs noms et leurs verbes , triste héritage de la langue primitive des Osques incorporée dans l'ancien latin.

agC PREMliRE PABTIB.

de ces langages antiques , fournissent une înocmtestable preuve d'analogie et de ressemblance ; on y trouve p sur un mot tiré du grec , vingt mots qui sont latins (i).

Puisqu'il est possible de rapporter»en grande partie la langue étrusque à une langue analogue et voisine , on doit répéter avec Lami (ik) ; que c'est une folie ^ si ce nest un ridicule ^ d'aller la chercher dans des idiomes étrangers et lointains. Nous avançons comme certain que,^ dans le principe ^ la langue des conquérants dcr Rome se forma des anciens dialectes de VltaUe y et qu'elle fut , comme tous les idiomes vulgaires, longtemps dure , confuse , incertaine et sujette à de nombreuses variations. L'ignorance, les guerres, la barbarie des mœurs, s'opposèrent long-temps à sa propagation et à ses progrès; aussi, dans les inscriptions de l'âge le plus reculé, aperçoit-on l'instabilité et les autres imperfections qui caractérisent un idiome grossier. Après bien des changements, le latin, dépouillant l'écorce brute de sa souche originelle, acquit un caractère régulier et poli dans le sixième siècle de Rome , et se perfectionna dans les deux siècles suivants, surtout parle mélange de nou-^

(i) Lftnsiy tom. I, pag. i%,

(2) Lettere gualfondiane , Y, pag. 70.

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veaux mots et l'étude de la langue grecque , depuis que ^ par Textension donnée au commerce , de nouvelles doctrines et de nouveaux art^ se furent ii^roduits de la Grèce dans Rome (i). Si Ton Considère que les premières communications des Romains avec les Grecs-Italiens les mirent seulement en contact avec des hommes éoliens de langage et d'origine f on aura une explication naturelle de la ressemblance que les grammairiens ont remarquée entre le dialecte éolienet le langage rajeuni du Latium (i). Après la prise de Tarente, qui eut lieu dans l'an 4^1 ^ les relations commerciales des Romains s'étendirent jusques aux colonies doriques de la Grande- Grèce ; et, en les fréquentant^ ils en empruntèrent certainement des expressions et des tours que Ton reconnoit dans leur langage. Ennius^ qu'on pourroit ajuste titre , sous le rapport du langage , nommer le Dante de la latinité , aggrandit et orna sa langue par l'introduction de mots nou-

(i) La langue latine ( dit très-bien an sage observateur) est composée de la langue grecque et de l'ancienne langue étrusque ; ce qui est très<ertain , si , comme l'équité le vent y on place l'étrusque avant le grec. Smitb, Considérations conceming the Jirst formation oflan^ guages.

(2) Pionjrs. I9 90 ; Quintil. 1,6; Priscian. passim.

2g8 PREMIÈRE PARTIE.

veaux ^ et par un bel emploi des anciens; il puîsa dans la littérature étrangère , et spécialement dans la source grecque (i)^ et il sut légitimer ses emprunts par les charmes d'un sljle attachant. Livius Andronicus^ Nsevios, tous les poètes et les prosateurs , (!{ui les premiers s'appliquèrent à enrichir et à polir le rustique idiome des Romains, employèrent hardiment des termes et des constructions helléniques , lesquels , devenus propres et familiers , et stdoptés par les écrivains suivants , fixèrent le génie de la langue latine (a). Tiron (3), ce savant affranchi de Cicéron, assure que les premiers Romains ne firent que des pas lents et tardif dans la codiioissance du grec ; et Ton peut sans erreur son*

(i) Saet. De iUustr. gram, I. Coil£ Ooitaon^iA ViU Ennii , pag. 7-19.

(a) In suorum verborum maxima copia , iamen ho~ mines aliéna mulio magis, si sunt ratione translata, délectant, Ciccr. de Oral, III , 40.

(3) ^p, Gell. XIII , 9 : F'eteres Romani grœcas li" teras nesciverunt et rudes grœca lingua JuermL La preuve qu'il donne de cette assertion e9tdëcisiTe,etii'esC que fbiblement réfutée par ÂulorGello. Les Romanis du QÎnquièaie et du sixième siècle ecrivoient j^iamentofour Laumedonie ( Laomedon ) ; MelopoarNiio; Cûtamitus pour Ganimedes j etc. Necdum assuetis grœcce Ungua, dit-Featus.

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