CHAPITRE xxnc
tenir que les grammairiens ^ qui prétendoient -faire descendre la langue latine de la langue grecque y jngeoient plutôt de ce qu'elle ëtoit de leur temps où elle florissoit, que de ce qu'elle avoit pu être dans son principe (i). L'idiome osque , commun k tonte l'Italie inférieure , ëtoit regarde comme tellennent différent du grec dans sa substance ^ comme on l'a dit ailleurs (a) , que les peu{des capables de se servir de ces deux langages, étoient nommés peuples à double langue. L'on a trouvé dans la Calabre plusieurs inscri]ptions écrites en caractères grecs et latins, et qui n^étoient pourtant ni latines ni grecques ; ce qui prouve que l'on parloit dans ce canton
des dialectes qui nous sont inconnue (3). Il ne
(i) Tel ëtoit ce Tjrannîon le jeune , qui > en dépit des ^toînanle-lmit livres qu'il avoit écrits sur la grammaire , devoit être un fort mauvais grammairien. Voy. Suid. V. Tvf«pf^y. -^ Voilà une décision bien tranchante. Heureusement pour la mémoire de ce Tjrannion si durement condamné , qu'elle peut se prévaloir dn jugement favorable de Plutarque , qui avoit lu les 68 livres en question, avantage que n'a point eu M. Micali. R.-R.
(2) Voj. plus haut j chap. xx.
(3) Entre les monuments de ce genre , il y en a un qui mérite d'être cité particulièrement C'est une table de bronze trouvée en Lucanie , et portant une inscription en caractères latins, comme la plaque Borgienne, et dans un dialecte trè»-rapproché du volsque. On reconnott
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nous reste donc qu a faire des vœux pour que le temps fournisse ii Thistoire des monuments nouveaux qui Fenrichissent et Téclairent, et qui nous aident à explorer plus utilement les secrets de la langue.
Nous ayons vu que les conquêtes des Macédoniens propagèrent rapidement la langue et les connoissanoes des Grecs (i). D'un autre côté , Rome victorieuse donna à la fois aux Italiens, vaincus par elle, et ses lois et sa langue; de sorte que la perte de Tantique idiome de nos contrées suivit peu à peu celle de leur indépendance. Lia force de l'habitude et des mœurs put seule le maintenir, quelque temps , ccmtre l'influence de la domination romaine (a) ; car la langue est
facilement, k planeurs mots de cette tiucnpCîan , qae Tosque fait le fond de U langue dans laquelle e\le est conçue* Voj. Rosini , DisseriaL Isag. ad HercuUm, volum, explan, pars I , pag. 38 et PL V.
(0 Valer. Mai. II, a. 2; Dion. LX. pag. 777; Plin. ni, 5; August. de CMt. Z>«,XIX, 7* Conf. Lips. de Pronunciatione ling. lai.
(a) Muratori ( DisierL iial. 33 ) a observé àrec raison que , dans notre langue vulgaire , et dans ses divers dialectes , il est bien difficile qu'il ne se trouve pas beaucoup de mots du plus ancien idiome , les Romains n'ayant guère pu extirper et abolir pleinement ces locutions primitives; ce qui est trës-vrai. Plusieurs mots de l'italien