CHAPITRE XXIX. ioi
un des liens qui attachent le plus fortement à la patrie. Nous savons ^ par le témoignage de Tite-Live^ qu'au cinquième siècle de Borne , l'Étrusque étoit encore la langue vulgaire de l'Êtrurie^ et l'osque celle du Samnium. De plus, il est constant par les monuments que les peuples confédérés durant la guerre sociale , jSrent usage de ce dernier idiome pour les inscriptions de leurs monnoies. Suivant la conjecture de Mazzocchi (i), l'osque auroit cesse d'être parlé vers l'époque de la loi Julia , c'est-à-dire vers l'an 663 de Rome ; mais plusieurs inscriptions , trouvées à Pompéia,^ nous font connoitre que cet idiome étoit encore la langue vivante du peuple , plus d'un siècle et demi après cette époque, c'est-à-dire au temps de la malheureuse catastrophe de celte ville (2). L'étrusque auroit survécu l'un des derniers aux changements politiques; on trouve du moins sur les monuments
moderne appartiennent effectivement à nos antiques dialectes; tels sont, entre beaucoap d'autres, isirione, motiirnsque ; imperadore ei.multa, termes de la langue osque f et orso , dëriyé de l'ancien idiome de la Lncanie. On trouve aussi dans la langue vulgaire des Sabins plusieurs traces de l'ancien langage.
(i) Comm. in Tab, Heracl. pag. 488 et suiv.
(%) Rosini , Dist, iêagogicœ 9 etc.
3oa PUBMIÈRB PARTIE.
de ce pays des inscriptioas qui ^ soit par la forme des caractères ^ soit par lear direction de gancbe à droite y dont on a quelques rares exemples , semblent devoir être rapportées à nne date moins ancienne (i). On peut bien supposer que les livres étrusques, mentionnés comme existants au quatrième siècle de Tère vulgaire, n'étoient, pour être plus facilement compris , que des versions latines (a) ; mais on n'en conçoit pas moins que des moti& de religion durent contribuer à l'étude et à la conservation de la langue étrusquCf au moins comme langue savante. Ce ne fut donc que par degrés, etaprësbeaucoupde temps, que le latin devint le langage populaire de l'Étrurie ; on en voit la preuve dans les tables eugubiennes écrites à la ronuine, et qui ne sont guère que la paraphrase de tables beaucoup plus anciennes écrites en étrusque. On peut tirer la même conséquence de Tédit de Clavermum et de Casilum , concernant les fètes décuriales, aussi-bien que de Tinscription volsque /monuments qui montrent un idiome altéré par son mélange avec le latin encore grossier, ou plutôt, si l'on veut, une langue mitoyenne, à peu près
( I ) Voy . Lanzî , pag. 2ai , et les exemples qu'il donne, dans la planche IIl , lo ^ 1 1 , la.
(2) Amm. Marcell.XXUI, 5.