CHAPITRE XXIX* 3o
comme celle qui est née de la corruptioQ du latin, et que nous avons nommée romune. Il existe quelques inscriptions en deux langues, c est-à-dire en latin et en étrusque; et c'est peut-être là qu'il faut chercher les derniers accents de celle-ci, qui y totalement oubliée , finit par devenir si étrangère à Rome, qu'au dire d'Aulu-GeUei le gaulois ne l'étoit pas davantage (i). Le latin primitif lui-même , en raison de son analogie avec les anciens idiomes italiques, en partagea, comme on sait, le sort; les difficultés de l'entendre s'étant accrues peu à peu , il vint un temps où les Romains les plus instruits le trouvoient à peu près inintelligible. Comme presque toutes les inscriptions qui nous restent de l'antique Italie, consistent en épitaphes, ou en simples épigraphes, on pourroi t en faire peu de cas en les comparant à ces marbres de la Grèce et de Rome qui fournissent de si précieux documents à la chronologie , à l'histoire et à la géographie. Cependant, si l'on s'intéresse à la destinée d'une nation anéantie depuis un si grand nombre ^e siècles, on doit s'estimer heureux de recueillir quelques-uns de ses débris au milieu de la poudre des jtombeaux. Les tables eugubiennes (a), l'inscription de
(i)L.XI,7.
(2) Ap, Dempst. vol. I, pag.9.
3o4 PREMlillE FARTIB.
Noie (i) et celle de Pérouse (2)^ sont sans doute des monuments historiques qui , intéressent la religion et la politique ; et ^ si Ton pouvoit les déchiffrer complètement , on en tireroit peutêtre d'importantes notions ; beaucoup de semblables monuments ont dû périr, dans un temps où la difficulté d entendre Fécriture n'invitoit personne à recueillir ce que personne ne sayoit interpréter. Quoique les inscriptions de TÉtrurie se bornent à citer des noms propres , elles n'en forment pas moins un supplément glorieux aux fastes de la nation. Aucun autre peuple ne peut se vanter d'avoir dans sa langue un catalogue si nombreux, si ancien et si authentique de familles illustres. Dans ces archives nationales, brillent des noms glorieux dans l'histoire, comme les Cilnius, les Sicinius, les Caecina, les Pompo-* nius, et plusieurs autres dont Rome slionore également. C'est à des noms étrusques que remontent les plus nobles d'entre les familles romaines (3), et il n'est pas étonnant que, du
(i) Passeri , Linguœ oscœ spécimen singulare, etc. L'inscription dont il s'agit contient , à ce qu'il semble , an traité dans lequel sont déterminées les limites respectives du territoire des Noiains et de celui àe% Âbellans,
(a) Vermiglioli , Iscriz. Perug. tom. I.
(3) Les principales familles, entre celles que l'on trouve également à Rome et en Toscane» sont les Pomponios, les