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Quoique nous ayons de graves autorités sur l'ancienneté de l'usage de brûler les corps, cependant ^ comme nous ne le voyons pas constamment adopté par tout un peuple, ni même par toute une famille, nous ne pouvons le regaixler comme un indice de plus ou moins d'antiquité. C'est donc sans raison, à ce qu'il nous semble, que notre auteur, substituant ses propres idées aux témoignages bistoriques, a disposé, dans un ordre consécutif et systématique , ces diverses manières d'ensevelir les morts , et prétendu faire cesser ce désordre de brûler et d'inhumer alternativement les cadavres. Dès Tàge d'Homère , on brûloit les morts ; c'est ce que prouve l'exemple d'Achille brûlant le corps de Patrocle {Iliad. XXIII); et il n'est pas douteux que cette pratique ne fût connue des colonies grecques qui vinrent dès lors s'établir en Italie. Effectivement, nous la voyons suivie en Italie, dès les premières années de la fondation de Rome; puisque, selon le témoignage de Pline (XIV, la), Numa défendit qu'on versât du vin sur son corps, cérémonie qui s'observoit constamment à l'égard des cadavres placés sur le bûcher; et Plutarque dit plus expressément ( Nurnuy c. XVII, ) encore, que Numa, dans son testament, ordonna que son corps ne fût point brûlé, chose
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qu'il n auroit pu s&rement défendre y selon la jiidicieuse obserration du P. Hardouin ( Annotctt. aà ,Plin. VU, 54)1 si k& deux manières do brûler on d^ensevelir les corps n'eussent été également imtms à Rome. Je serois assez disposé à croire qu'Homère , décrÎTant l'usage de brûler les àadavres , comme un des plus grands honneurs qu'on pût rendre aux morts d'une haute considération ^ et comme suivi sculomcst dans les funérailles les plus somptueuses, telles que celles qui furent célébrées par Achille à la mémoire de son ami Patrocle ; cet usage fut également réserra en Italie, durant les premiers ùèclesy auK towdes personnes d'un rang distingué. Virgile nous en donne vn exemple ( JEneiéL XI , 83) dans les magnifiques funé* railles de Pallas;et,si Numa s'en interdit dépareilles, c'est qu'un homme simple et philosophe comme lui, deyoit être éloigné jde tout cet appareil qui aentoit le Êiste et la vanité. Ainsi s'expltqueroit l'apparente con« tradiction de Pline, qui admet l'usa^ du i»âcher destiné pour Numa , quoiqu'il ne fàt adopté pour tons les Romains qu'à une époque poavèneure. D'après cette observation , les cadavres entiers qui se trouvent dans les tombeaux de Tarquinie, ne doivent pas èlre considérés comme appartenant aux familles des pins anciens temps, plutôt qu'à celles qui , par princtptf de modération , ou d'après tout autre motif, n'avoieot point adopté l'usage de brûler les corps^ et il ne fendra pas prétendre, comme le bit notre auteur, qcw» oet usage fut établi plus tard que celui d'enterrer les mçrts; mais que l'un et l'autre puient être alter*
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