N* XVII
Il est infinÎMent pliM probable , «fapriv ce qa'on a dit précéckaiineDt, que les arts furent pentes en Étni» rie paf des colonies venues de h Grèce; et, ce qui oonfirme encore eetce opinioB , c'est que les méfiies arts ne firent jamais dans rÉtrurie de progrès sens- Ues. On ne remarque point que cette imitation plus fidèle et phis étudiée de la nature, dont parie M. lEoaii, se soit introduite ehev les Étrusques, avant l'époque où les Romains répandirent par tonte ITtalie les arts de la Grèce, déjà depuis Itmg-temps perfèc' donnés; et ce ne fut qu*à iiaitatîoQ de ces nciodètef que les Etmsqoes prodoisirent la plus ^nde partie des monuments qui sont venus jusqu'à nous. Si donc les Étrusques ne furent point guidés^ par l'instinct da j^isir et par Timitation de la nature , à perfectionner Isurê aru, comme le furent les Grecs au temps de Périolèe, et les luliens au temps de Léon X, corn* ment auroient-il pu, d*après des impulsons pareilles , être conduits à les inventer? C'est ici \e cas d'appK*quer la maxirae que chose farile est d'ajouter on d'améliorer, taudis que l'invention est le comble de b dtfliculté et du mérite. Enfin PKne, parlant des monuments étrusques répandus iitr toute PltaHe-j ae dit pas emphatiquement, comme lé suppose H. Mioali, qu'ils étoient dispersés par tout U monde conMU, et il ne tire pas non plus de là la conséquence que lui prête notre auteur, savoir , que des monuments dnsi recherchés et répandus partout, attes-
ÉGLAIKCUSEM6NT8. 335
toient un art perfectionné et un mérit» excellent. Bien loin de là, Pline termine cette même phrase, en s'étonaant du peu de valeur qu'eurent ces monuments étrusques , &it$ de bois ou d'argile, îfUqu'à Tépoque de la conquête de VAsie (i). Quelie perfection pou^ Yoit donc se trouver dans des statues, dont les maté» liauiL , si peu propres à recevoir ^impression du génie , furent proscrits de l'école de Phidias, dés le premier pas qu'il fil vers le perfiectionnement de son art ( Valer* Maxim, liv. I , c. 7, $. 7)? Un autre argument vient à L'appui de mon opinion \ c'est l'état d'ignorance oii nous TOjons plongée l'Étrarie, depuis la prise de Troie jusqu'à l'invasion de la Grèce par les Romains , reki* tivement à la littérature et à l'éloquence, en eompa-iraison de l'éclatante lumière qae ces arts avoient jeté dans la Grèce, aux temps de Périclès «t d'Alexandre. Il est à peu près certain qye, là où la poésie et l'élo* quence restent muettes, le goût et le talent pour les arts du desMH , qui partent des mêmes principes, ne se développent pas davantage. I*