CHAPITRE YI
qaite(i). Pline (2) fait mention de trois districts qu'ils avoient possédés anciennement dans le Picènura , sur la côte de l'Adriatique ; ce sont les districts de Palme , de Prétusie et d'Adria , doù ils furent chassés par les Ombriens. Le vaste domaine des Sicules^qui, en des temps si obscurs, apparoissent dans l'histoire , déjà constitués en un corps puissant de nation, peut faire présumer qu'ils jouèrent un grand rôle dans l'antiquité; mais ce que nous savons de plus certain sur leur compte , c'est leur décadence et leur ruine. S'il faut s'en rapporter à Denys d'Haliçarnasse (3), les guerres qu'ils soutinrent vivement contre les Ombriens, à cette époque désastreuse , furent des plus considérables et des plus opiniâtres que l'on eût vues jusqu'alors. Le même historien a mêlé dans ces querelles les Aborigènes et les Pélasges. Par les premiers il faut toujours entendre un des plus anciens peuples de l'Italie , descendu peut-être des Osques. Quant aux seconds , nous verrons bientôt quelle idée on doit s'en former.
Les Sicules , trop foibles pour résister à une
(i) Dionys. 1 , 16.
(2) L. III, 14. Siculi, • . Vmbri eos expulere; hos Heiruria; hanc Qallù (3)L.I,i6.
74 l>RE]tflÈRE I>1RTIE.
si puissante ligue» furent enfin cbasiâés de leurs possessions, et repoussés vers le midi de Tltalie, où ils tentèrent en vain de rassembler quelques secours (i). La nécessité leur donna deTaudace : ils résolurent de franchir le détroit qui sépare ritalie de la Sicile, pour chercher une nouvelle patrie dans celte ile y alors occupée par les Sicaniens, peuple indigène , seloo quelques-uns , ou
commed autres veulent» d'prigine ibérienne (2).
(1) Dionjs. 1 , 29 («).
(2) Voy. Cluvier, Sîc. ani. 1,2, p. 21-82. Scjlax ( Peripl. p. 9 ) , Strabon ( VI , p. 86 ) , et Diodore ( V, ^,6), distinguent avec raison les Sîcaniens d*avec les Kciiles ^ originaires du Latium. Virgile ( AEneid. VII , 796 5 VIII , 338 j XI , 317, vid. Serv. ad h. L ) donne à ceux-ci le nom de Sîcaniens ( i;e/ere« Sicanos ) : en quoi il a été suivi pard'autre», qui sans les distinguer , ont fait de ces deux nations un seul peuple (Phavorin. apudÇjeïL» 1,10^ Macrob. Sat. 1,5; Isidor. Orig. IX , 2 ) : équivoque qui a fait confondre ces peuples par les grammairiens anciens ( Serv. t» c.) ^ et qui a induit plusieurs savants modernes dans d'étranges erreurs. Mais qu'il soit vrai on non qu'une race de Basques ou d'Ibères ait pénétré dani la Sicile , on ne peut admettre sans preuve historique
(a) J^ai déjà montré moi-même ce qo*il falloit croire des Aborigènes , et je n'ai pas besoin de le redire. Tobserve seulement qae Tanteor semble toojonrs n'admeUre la partie qoi faTOtîse son systèwe qne poar rejeter oella qti le combat. Cependant la critique impartiale exige qn^on admette ou qn'on rejette en tolHliié les deilz moitié* d'en même, témoignage , puisqu'elles ont nécessairement l*ane et l'autre le même caractère d'authenticité on d'errcnr. R.-R.