CHAPITRE VII. ç
cbose, c'est que, presses par la fainine, ou stimules par la perspective d'un meilleur sort, de la côte occidentale de TÉpire, ils tentèrent et ' exécutèrent, à la manière des aventuriers, quelques incursions hardies dans l'Italie , où ils purent se maintenir un certain temps avec quelque avantage : mais c'est en vain que plusieurs prétendent attribuer aux Pélasges la gloire de tant d'établissements civils , l'origine de tant de cités, et une influence prépondérante. sur la religion, la civilisation et la langue de l'Italie. L'autorité suspecte des poètes, des grammairiens et d'autres écrivains imbus de ces traditions, et qui, après tant de siècles, ont cru retrouver dans les usages de certains peuples de l'Étrurie et du Latium , quelques vestiges de ceux des Pélasges (i), n'est
(i) Cest ainsi, par exemple, que Denys , « toujours séduit par son Eaux système sur Témigration pëlasgique , » comme le dît un savant critique (de Sainte<-Croix, /{echerches sur les Mysthres ^ pag. 4^2), prétend, sans fondement , que les Arcadiens introduisirent le culte de Cérës en Italie , long-temps avant la fondation de Rome. n faut en dire autant de l'introduction du culte de Junon Argîenne à Phalérie, de celui d'Hercule dans le Latium. Il eo est de même de plusieurs autres rites et usages que Ton a prétendu venir des Pélasges. -^ Mais qui ponvoit savoir cela mieux que les anciens eux-mêmes? Est-ce notre yiteur? R.-R.
g^ PREMIÈRE PARTIE •
pas un titi*e d'après lequel on ait droit de leur accorder un genre de supériorité qui ne convient ' en aucune sorte à un peuple grossier, dont les mœurs souillées par des rites sanguinaires portent une si profonde empreinte de barbarie (i). Toutefois la haute réputation de valeur que les Pélasges s'étoient acquise (i) » non-seulement parmi les Grecs, mais dans toutes les contrées où ils étaient entrés pour s'y établir (3), avait pu fort bien donner du crédit à cette opinion. Une telle renommée de bravoure fut depuis exaltée par les antiquaires du Latium f. lesquels adoptaient sans critique toutes les traditions étrangères qui parurent propres è jeter quelque éclat sur les origines de notre nation (4). Sans
(i) Schol. Apollon. Rhod. II, 58o.
(2) *»A« nfA«r^«y Syxinfêéifmv. ( lUad. II , V. 347*)
(3) Ephor. ap, Strab. V, p. i$3 : K«f w>J^v Uti^nUt
êTêtt 9ûTt mÇiyféifu v%Tvxiiuu%i Conf. Eustath. ad Perieg,
(4) Il paroit que ce fut Vârron qui tsnl en crédit chtt les Romains la tradition de l'entrée des Pélasges en Italie. ( Varron. fl;?wrfMacrob. SaU 1 , 7 ; ap. Isîdor. Orig, IX, a.). Cette opinion fut ensuite confirmée et embellie par les antiquaires , et surtout par les poëtes. — Un historien du dix-neuyiëme siècle de l'ère chrétienne , peut-il se croire mieux informé sur une question semblable , que VarroD , le plus doct^'des Romains? Est-il permis 1 en