‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 37 sur 283 · CHAPITRE YII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YII

Youloîr établir ici une comparaison inutile , il est bien naturel de croire que, long-teitips avant l'arrivée des Pélasges, nos peuples étoient réunis en un corps de nation ; qu*il$ avoient leurs dieux ^ leurs lois^ leurs coutumes particulières, en un mot , tous les avantages qui distinguent une société régulière et policée de tribus errantes et aventurières. Et c'est peut-être par cette raison que ceux des Pélasges qui abandonnèrent l'Italie pour retourner de nouveau en Grèce , et qui se fixèrent sur les côtes de la Thrace et dans les lies de Lemnos et d^Imbros (i), conservèrent partout le surnom de Tyrrhéniens , comme un agréable souvenir du pays d'où ils venoient (a). Quoi qu'il en soit , l'établissement des Pélasges en Italie fut trop incertain, trop passager et surtout trop agite, pour qu'il soit possible de croire qu'ils y suivirent un plan fixe etrégulier (a). De

bonne et impartiale critique, de traiter anMÎ légère-^ ment nn témoignage aussi grave , quand , du reste , on ne peut opposer k des assertions d'un homme comme Varron , que def suppositions toutes gratuites? R.-R«

(1) Hérodot. V, 26; Thucyd. IV, i^; SchoL Apollon. Rhod. IV, 1759.

(a) Dionys. I, 25.

(m) Noof penioaft aa contraire , et nous le proaTerona, qoe Téta^^ bliaiemeiit des Pélasgca en ludie fat trop certain et trop durable «1 poar qa*il ne «oit pas permU de croire qa*iU y § nivirent an plan Ai^t. et régolier . B.. -&.

<j6 PREMIÈRE PARTIF.

nouveaux motifs de doute naissent des incertitudes et des manifestes contradictions que les érudilSy tant. anciens que modernes^ ont trop laisse voir dans leurs recherches sur une question toute conjecturale (i). Que le bon sens circonspect , mais surtout que le sentiment de la difficulté insurtnontable de semblables recherches (a) , soient donc notre sauve-garde.

(i) Voîci, k ce sujet, le jugeaient d'un grand historien (publié depuis la première édition de cet ouvrage),, et parfaitement approprié à notre texte : Toutes les fables que Deryjfs d* Halicarnasse a débitées sur les co* lonies pelas giques , ne sont propres qu'à y répandre des doutes, — Rejetons hardiment tous les sjrsthmes , toutes les conjectures et tous les détails d*un historien qui, évite les difficultés et qui dissimiAe les contra^^ dictions dans les siècles reculés oii noi*s voyons à peine la lumière. En sacrifiant tous les accessoires de cette tradition^ il faut en conserver le fondement. Gibbon, Miscellan. ïVorks ^ tom. III, p. aSg. Lond, i8i5, — Que prouve le scepticisme de Gibbon? R.-R. • (2) Guarnacci prétend démontrer, dans ses Origines italiques, que les Pélasges étoient des Tyrrhéniens ou Toscans d'origine, qui passèrent anciennement dans la Grèce , ojijls introduisirent la civilisation. Ce sentiment étrange a été adopté par Carli, dans ses yéntiquités ita-^ Hennés , et par d'autres encore. Nous sommes bien éloignés de l'approuver ou même de l'excuser. C'est une chose curieuse de voir que, dans un sujet si embrouillé , nul érudit ne manque de témoignages à citer en faveur

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