CHAPITRE IX. laS
r^rdoient^ h ce qu'il parolt, les nomsd'Euga- Beeos et de Vénètes comme synonymes d'illustres, de noUes, de louables ; et ils débitèrent en même temps une foule de ùiÀe% sur l'origine même de ces peuples déjà célèbres. Polybe (i) rapporte que les poètes tragiques en avoient dit des choses merveilleuses ; et c'est sans doute à leur voix éloquente que les Vénètes furent re* devables d'une grande partie de leur renommée. Sc^bocle, dans sa pièce intitulée, la Ckiéie de TProie (a), met le fugitif Apténor avec ses fils à la tête des Hénètes de Paphlagonie, et le fait arriver, conjointement avec ses Troyens, d'abord dans la Thrace , et ensuite dans l'Italie , oii il se fixa sur les bords du golfe Adriatique. La ressemblance qui existe entre le nom de ces Hénètes , dont il est fait mention dans H<Hnère (3)^ et celui des Vénètes d'Italie , depuis long-temps connus en Grèce (4)f donna probablement naissance à cette fable populaire de larrivée d'An* ténor en Italie, avec cette multitude d'Asiatiques qui, après avoir perdu ledr roi Py lémène, voulu-
(i)L.ll,i7.
(a) 'IA/v «A««vf, af, Strab. XIII , p. 4>8.
(3) Iliad. II , 358-359. . .
(4) Herodot V, gj Scylax, PeripL p. la. — ( Voyca Éclaire, n. XVIII. )
126 PREmÈRB FARTtE.
rent s'âfiBOckr à la fortaiieda hétM Ttùjtxi (i). Les RomaiDS ^ tout orgueiUtenx de sllluslrer eti urâfit leur origine de Troie, s'empressèretit d'accueillir oette £iblet e^ même de remj^iâe^ et de rembettir : il fut denc admis i)tt'Aiitëii«>r> âtec cesHénètesde Pef^hlaganie, s'établit sur lé golfe Adriatique > où les Eagantfens^ vataeué par ces étrangers » prirent le«r nom f môdifti encelni de Vénèies, suivant la prononciatièti de l'ancienne langue italique (d). Gaton (3) affirmii que les Yënètes étoient d'origide troïeniiey et il fut cofné par Ttte^Lire (4)> qui^ k l'exemple - - • - - '
(0 Scytotï. Ch. t. 388; Strab. Xlî, p. 874, Î80, où il cité uik écrîVàiii du nom éé Ménandre, peuMtre Menandre de Pergamê. L'aritVë* d'Atltëilor > fabl« poétique, ètoit raoouttfe trë»*diver8femefit par iiSértnU écrivains. Vqy. Eustath. ad. Ferieg. 378; Serr. I, a4a ; Vet. interpr. Virg. 1 , 247 , éd. Majo, 1818.
(a) 'E9tr*/y et à cau^ de l'aspiration Ftnrêi.
(3) jip. Plin. m, 19.—* Rappelons ici ce que notre auteur a dît pins haut dé Catoti , qui étott si versé dans réiude des antiquités > p. 117. Ithintenani Gat«a devient un écrivain romancier , fabuleux , ou peu s'en faut. C'est cependant toujours le même auteur. Mais M. Micali change d'opinion aii sujet d'un écrivain , selon qtae cet écrivain le fatt>ris« ou le contrarie. Ten ai déjà fait la remarque, et je ne la reproduirai plus. R.-^R.
(4) Liv. I f I » «tdd. Corn. Nep. ap, Plin. VI, 3 ; Solin. 44 ; Justin. XX , 1 ; Me^sala , de Augusti progenie , 19;
CHiPlTEE IX* 11^7
-des moins jndicieiix des écrivains du Latium , ne laissait passer aucune occasion de flatter la vanité des Romains. Mais il parolt que Pline (i) n'étoît pas très-persuadé de ce fait; et Strabon (a) en étoit si peu convaincu , qu'il aima mieux croire que les Vénètes étaient venus de la Gauler-Celtique et des bords de FOcéan. D'autres opinions des plus obscures répandues parmi les anciens, faisoient descendre ce peuple des Mèdes (3) ou des Illjriens (4); cequidoitache^ ver de nous convaincre du défaut de connoissances qu'on avoit alors à cet égard, et en même temps de l'inutilité de pareilles recherches (5). IKon Chrysostôme, dans son discours célè-
Sex. knr.Yicloryde Origine G. A. i ; Virg. I, 242-a49«
(i) L Vt, 2.
(a) L. IV 9 p* i34« V. pag. 146, c'est^-dire des Vënètes de rArmorique , dont Oult fait souvent mention. Du reste«y l'eKact Strsbon ajoute : A«V* ^' «« ^vct^i^ fitff* if»it ysf fFtfit rSt TPUfTitf ro thtiç.
(3) Herodot. Y, 9, 011 il rëfute cette opinion. Àrrien .( ap. Enstath. ad Perieg. 378. ) dit qu'ib quittèrent TAsie pour se soustraire aux violences des Assyriens.
(4) Herodot. I , ig6. Cet historien a peut-être étendu le nom d*llljvie au pays des Vënètes, de même que Virgile (I , a43) appelle golfe d'Illyne le f<»id du golfe Adriatique , sur lequel habitoient les Vënëtes.
(5) V07. Éclaire, n, XIX.
laS PRemÈEE PABTIB.
bre {a) intitulé Iliaq^se, soutient que le$ Venètes existoient en Italie long-ten^ps ayant le fabu* Içux voyage d'Antënor, et étôient déjà établis dans cette fameuse contrée (i). Polybe (a) assure formellement que a c'étoit un peuple des plus « anciens, et dont l'idiome étpit différent de « celui des Gaulois, leurs voisins » : ce qui prouve bien manifestement qu'ils avoient une autre origine (b). Un bonheur particulier aux Vénètes , ce fut de rester intacts au milieu de la grande invasion des Etrusques, qui embrassa tous les autres pays situés au--delà du Pô (3).
{a) Il est facbenxpoar notre aateiir d'être rédait ï invoqaer ici le ténoignage de cette harangoe d'an aopbiate moderoe, laqQelle n'étoit peat-étre pour lai>méme qa*aii jeu d'eaprit, et qui certainement, dt quelque manière qn*on Ten visage , ne pent prévaloir aor nn aeol dae témoignages qne j'ai rapportés dans V Éclaircissement auquel j*ai renvoyé le lecunr^ et qu'il n'eût tenu qu'à moi de multiplier. ( Voyet Corn. Nepot ap, Plin. VI , a ; Meaaal. Je Augusi. Profen, J. IX ; Anrel. Vict. da Orig. G, J?. c. i ; Caeaar, de Bell. GalL lib. V, an commenc Jnstin. lib. XX , c. i ; Solin. c. H , p. i3 ; Senec. ad Bei^,* c. VIII ; Serv. adjBneid. 1 , v. a4a et a5z ; Sil. Italie lib. VUI, v. 6or , 6oa ; Tacit. Annai, XVI, ai. ) R.-R.
(i) Orat. XI , de Ilio non capto.
(2) L. II, 17. Pline (XXVI, 7) distingue pareillement la langue des Yénëtes de celle des Gaulois.
(5) J'ai rapporté moi*même ce pas&age de Polybe, qui prouve évidemment , à mon avis , en faveur de mon opinion , et que notre antenr allègue cependant k l'appui de la sienne. E.-R.
(3) L. V, 33. Transpadum omnia loca, excepta Venetorum angulo , qui sinum circumcolunt maris.