‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 47 sur 283 · CHAPITRE X. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. l

de Meoniens ou Lydiens (i). Mais Denys d'Halicarnasse, quiayoit examiné à fond et avec impartialité ce point d'histoire important, en rapprochant un grand nombre d'auteurs qui nous sont inconnus y n'admet pas ce prétendu passage des Lydiens en Italie , se fondant sur les contradictions des écrivains à ce sujet; et sur le silence de Xanthus de Lydie y un des plus instruits dans l'histoire ancienne, et principalement dans celle de son pays (tl), lequel ne fait nuUe mention de Tyrrhénus , ni d'aucune colonie Méo« nienne conduite en Toscane; bien qu'il ne laisse point de rapporter des faits d'une moindre importance (3). A ces motifs 9 il joint une observation très-juste ; c'est que y les Toscans n'ayant rien de commun avec les Lydiens par le langage y par les lois y par la religion y ni par les

(i) L'autorité d^érodote a été suivie principalement par Strabon > V, p. i52 ; Velléius , I, i-4; J^ustin, XX , i ; Valëre Maxime , II , 4 9 4 9 ^t quelques autres. Les historiens du La tium, adoptèrent cette opinion vulgaire avec le même empressement que celle qui faisoit descendre les Romains de Troie.

(2) Il viyoit vers la soixante-neuvième olympiade : il avoit écrit quatre livres sur l'histoire des Lydiens. Voyez les Historic, grœc, antiq. Fragmenta , éd. Creuzer, p. i35y sq.

(3) L. I, 27-30. — (Voy. Eclaire, n. XXÏIL)

l38 PREMIÈRE PARTIE.

mœurs , il est impo$sible de supposer qu'ils eus- ;seiit uoe origine commane ( i ) • Lie même Denys^ quoique si porte à soutenir les vaines prétentions des Grecs y rejette avec la même force le sentiment de ceux qui vouloient que les Toscans fussent issus des Pélasges (a) : opinion qui avoit pour appui , moins encore le nom long-temps célèbre en Grèce des Pélasg'es Tyrrbéniens (3), que la croyance particulière qui &isoit reunir ces deux peuples en Italie (4) dans lés mêmes lieux (5). Cet historien crut devoir adopter le sentiment qui lui sembla le plus raisonnable et le plus vrai , c est-à-dire celui qui vouloit que les Toscans fussent originaires d'Italie (6), regardant comme une chose indubitable que ce

(i) Voy. Eclaire, n. XXFV.

(2) Hellanicus, in Phoronide, et Myrsilus Lesbtus, ap, Dionys. I, 28, 29 ; Anticlid. ap. Strab. Y, p. iSiS*. Vârron et Hygin accréditèrent cette même erreur ches les Romains : Efyginus dixit Peiasgoêesse t/ai Tjrrrkeni tant : hoc etiam Vcuro commémorât. Servius adAEneid, Vlfl , 600. — ( Voy. Eclaire, n. XXV. )

(3) Dionys. I, 26. Voy. cinlessus chap. VII , p. 90.

(4) Scymh. Gh. in Perieg. 218.J Dionys. Perieg. 349.

(5) Voy. Eclaire, n. XXVI.

(6) Celte tradition avoit encore été adoptée par^aatres écrivains de l'antiquité , comme on le voit dans le même Denys , 1 , 26.

Page 1